Still Walking : l’art de la transmission

Still Walking - Yui Natsukawa et Hiroshi AbeToujours debout, en marche, pourrait être le slogan de tous les cinéastes du monde après un tournage. Je pose ma caméra (enfin, le chef-opérateur pose sa caméra) d’un tournage qui aura finalement été encadré par la sortie de deux films japonais, Tokyo sonata et les spectres contemporains de Kyoshi Kurosawa, et Still walking de Kore-Eda Hirokazu, et ses humains trop préoccupés pour être heureux, mais toujours debouts, en marche, tenant les uns aux autres, malgré tout ce qu’ils disent, par mille fils inextricables.

Soit une famille japonaise moderne se retrouve pour commémorer la mort accidentelle du frère aîné. Le cadet, nouvel aîné, est au chômage après avoir abandonné les études de médecine que la reproduction sociale aurait voulu le voir embrasser. Il a épousé une femme divorcée, ce que lui reprochent ses parents conservateurs, en particulier “petit médecin de quartier” de père comme lui reproche sa femme au foyer qui cache sa douleur par une cruauté mordante envers son environnement.

Rien ne va dans cette famille rongée par la rancoeur et les non-dits. L’espoir vient seul de ceux qui trahissent leur milieu tout en n’oubliant pas d’où ils viennent. Kore-Eda Hirokazu raconte finalement la morale de la marche, contre les bouffeurs d’espoir et les pollueurs de rêve. On oublie qui nous a dit que les papillons jaunes étaient des papillons blancs qui ont passé l’hiver, mais cette ritournelle s’impose à nous comme le plus simple moyen d’avancer.

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