Jacques Tati : le meilleur d’entre nous

Les Vacances de M. Hulot - Jacques TatiIl est avec seulement six films l’un des plus grands cinéastes du XXe siècle, le seul auteur de comédie comparé dès Jour de fête et Les vacances de M. Hulot à des cinéastes aux univers aussi différents que Charlie Chaplin et Robert Bresson, très admiré par les musiciens pour les compositions sonores de ses films, en particulier Playtime, ses tournages se déroulaient de manière joviale et enchanteresse alors que depuis son époque Pialat a créé la mode des tournages hystériques, il a obtenu l’Oscar du meilleur film étranger pour My uncle, il voulait que le cinéma “ouvre une terrasse sur la vie et en fasse connaître toutes les richesses”, il s’appelait Jacques Tati et fait l’objet d’une belle rétrospective et d’une exposition à la Cinémathèque française.

Jour de fête (projeté le 8 et le 31 mai) a donné le ton à la comédie française d’après-guerre avec son facteur héroïque qui s’emparait du monde. Les vacances de Monsieur Hulot (le 12, le 16, le 22 avril et le 3 mai), à mon goût son plus beau film, où le petit monde des pensionnaires d’un hôtel normand est bouleversé par l’irruption de Monsieur Hulot, invente l’hurluberlu le plus mythique du cinéma français, qui lui collera à la peau jusqu’à la fin de sa vie. Une partie de ping-pong olympique et la transformation d’un enterrement en fête foraine font du film une célébration de la vie dont la poésie et l’humour n’ont pas d’équivalent dans le cinéma français. Mon oncle (les 17, 18, 23 et 25 avril) est une critique amusée du polissage de l’environnement et des relations humaines dans la société moderne. Playtime (les 16 avril, 3 et 7 mai), qui a eu une très grande influence sur le cinéma de science-fiction contemporain, déroule les tribulations d’un Hulot perdu dans les méandes d’une ville nouvelle aseptisée, soutenu par une bande-annonce hallucinante dont se réclament la plupart des musiciens contemporains.

Tati a réussi la plus difficile des choses, il a réconcilié le critique d’art et l’homme du peuple. Il a aussi souffert de la désaffection progressive du public au fur et à mesure où ses films qui lui faisaient perdre de l’argent devenaient de plus en plus abstraits, et où il refusait de donner des suites simplistes à Jour de fête ou aux aventures de Monsieur Hulot. Il était le meilleur d’entre nous et nous laisse admiratifs, comme des enfants en quête d’avenir et d’idéal.

Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75 012 Paris, www.cinematheque.fr, 01 71 19 33 33, Exposition Jacques Tati du 8 avril au 3 août 2009

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