Peur de rien de Danielle Arbid : épousez l’étrangère !

Les politiques migratoires ne tiennent pas suffisamment compte de la chance que constitue pour les psychotiques, c’est Françoise Gorog qui le dit, le fait de se mettre en couple ou d’épouser un(e) étrangèr(e), avec lequel tous les irritants du quotidien sont minorés par l’exotisme du partenaire ou renvoyés à son étrangeté.

Le caractère totalement inédit de Peur de rien de la cinéaste franco-libanaise Danielle Arbid dans les récits autobiographiques sur l’immigration provient de la superbe avec laquelle son personnage féminin Lina (Manal Issa) affronte l’adversité (oncle harceleur, fragilité des désargentés dans une ville anthropophage comme Paris, amants vite lassés…) en serrant sa chance autour des trésors amassés à Paris (cours d’histoire de l’art par Murielle Gagnebin, beaux garçons attirés par son exotisme, générosité de quelques rencontres d’une monarchiste à un avocat).

La bande son des années 80 et 90 (Frank Black, Etienne Daho, Marlène de Noir Désir ou le titre majeur du film qui prend une résonnance particulière pour une jeune femme qui a grandi sous les bombes et dans l’actualité chargée de Paris en 2015, Pendant que les champs brûlent de Niagara) porte le désir de l’héroïne d’explorer toutes les étrangetés d’un pays aristocratique et révolutionnaire (et le vice versa). La photographie d’Hélène Louvart colle au visage ébahi de la jeune Manal Issa et à ses formes pour rehausser de chaleur toutes les expériences bonnes ou mauvaises qui façonnent un petit adulte. Danielle Arbid rappelle en lointain écho de Nietzsche qu’il faut méditerrannéiser le cinéma.

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