Ponyo sur la falaise : le réenchantement du monde

Ponyo sur la falaiseLe philosophe Michel Serres propose pour remplacer l’ONU, où tous les pays ne se retrouvent selon lui que pour défendre leurs propres intérêts, de créer une organisation mondiale, la WAFEL (W pour Water, A pour Air, F pour Fire, E pour Earth, la terre, L pour Living, les vivants), seule susceptible de défendre notamment les grands oubliés des discussions entre les syndicats et les gouvernements, à savoir les poissons.

Ponyo sur la falaise, la dernière féérie de Hayao Miyazaki, fait probablement partie de l’institution rêvée par Michel Serres en prenant le parti d’une petite sirène échappée dans le monde des hommes, où elle se lie d’amitié avec le facétieux Sosuke, qui la nomme Ponyo. Le père de la sirène est un magicien qui rêve d’engloutir l’humanité sous les océans pour les punir de polluer la mer. Il parvient à ramener Ponyo au fond des océans, mais elle a pris une apparence humaine depuis qu’elle a été contaminée par du sang humain et rêve de retrouver son amoureux.

La fable écologiste de Miyazaki est le prétexte à un enchantement des sens et des couleurs, bercé par la magnifique musique composée par son fidèle collaborateur Joe Hisaishie, l’un des plus importants compositeurs contemporains (Sonatine et Hana-bi de Kitano, Le château ambulant et Kiki la petite sorcière de Miyazaki). Le tsunami provoqué lorsqu’elle ouvre la boîte de Pandore lors de sa fuite est un moment de pure féérie, où les humains se découvrent avec beaucoup de modestie moins puissants que le mouvement du monde. La morale rétablit bien entendu le pouvoir des humains à améliorer le monde en acceptant la différence, mais on aura rêvé un temps d’un univers où les poissons seraient considérés comme l’égal des hommes.

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