Les délices de Tokyo de Naomi Kawase : la promesse de la lune

Le goût de la lune chez la cinéaste japonaise Naomi Kawase est une main tendue que nous baisons chaleureusement par admiration pour la cinéaste comme pour cet astre qui comme le dit la vieille dame du film “brille pour qu’on le regarde” sans la violence du soleil.

Les délices de Tokyo, en version originale An du nom de la pâte utilisée pour les Dorayakis et qui signifie aussi “ermitage”, entremêle trois solitudes dans le Tokyo contemporain : une adolescente délaissée par sa mère célibataire, un vendeur de Dorayakis fatigué de la vie après un drame et une vieille dame qui profite de tous les plaisirs de la vie pour avoir côtoyé la mort de près.

Les trois paumés vont se réchauffer mutuellement autour d’une poignée de haricots filmés sensuellement par la cinéaste. Le gérant du snack titube entre sa gratitude envers la vieille dame dont les qualités de cuisinière attirent de nombreux clients et la méchanceté de sa patronne qui accuse cette femme de faire fuir la clientèle avec ses mains abîmées. La jeune fille s’accroche à lui et à la promesse faite à la vieille dame sous le regard bienveillant de la lune et des éléments qui s’expriment avec leur propre langage des haricots aux feuilles des arbres. Que la promesse demeure autant que la joie.
Dans le ciel marche la lune/tenant l’enfant par la main (Federico Garcia Lorca, Romances gitanes)

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