A peine j’ouvre les yeux de Leyla Bouzid : sous les jupes, défile !

Les voilà tous désarmés devant le grand sourire et la voix de la belle Farah (Baya Medhaffar) alors que le climat social se réchauffe à quelques semaines du début du Printemps arabe. La belle jeune femme libre roule des pelles au leader de son groupe de musique, essuie les foudres de sa mère terrorisée par le pouvoir de la police politique et résiste aux hommes qui voudraient la faire marcher au pas.

Le récit initiatique d’une jeune Tunisienne compte ici moins que la manière dont la représentation du corps des femmes est devenu le centre de la guerre entre le monde libéral et les sociétés répressives de culture musulmane : nu de Golshifteh Farahani pour Egoïste, Camelia Jordana en Marianne aux seins nus à la une de L’Obs cette semaine, la belle Farah nageant nu et matant avec envie le sexe de son homme dans A peine j’ouvre les yeux… La jeune femme dérange les hommes dans les bars où ces derniers trompent leur ennui, mais aussi la police qui en profite pour abuser de la jeune femme lors d’un interrogatoire musclé et jusqu’au jeune homme prêt à lui taper dessus alors qu’elle fait la fête de manière un peu démonstrative.

Leyla Bouzid suit avec beaucoup de tendresse et d’admiration son extraordinaire comédienne affirmer ses désirs de musique et de sensualité et s’amuse du désarroi des hommes face à l’étendue du désir féminin, en les invitant à choisir cet adversaire de jeu plutôt que ceux qui prennent les armes pour se consoler d’en être privés. C’est sur le beau sourire et le chant de Baya Medhaffar que l’équipe de Cinéma dans la lune vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.

A peine j’ouvre les yeux – bande annonce from Shellac Sud on Vimeo.

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