Les trois royaumes : la Chine par-delà le bruit et la fureur

Les 3 royaumes - Lin Chi-Ling

John Woo, le spécialiste mondial des chorégraphies guerrières sur musique au violon (A toute épreuve, Volte face), a trouvé un sujet de choix avec l’histoire de cette bataille qui en l’an 208 de notre ère opposa trois armées chinoises au lieu dit de la Falaise rouge. Pour son retour au pays après vingt ans d’absence, le cinéaste hong-kongais emprunte à la pyrotechnie hollywoodienne et au romantisme de la littérature classique chinoise pour offrir un spectacle flamboyant sur les mauvaises raisons qui mènent les hommes à la guerre.

Soit un empereur Han manipulé par son général pour faire la guerre dans le sud à deux princes rebelles, Liu Bei et Sun Qan, guidé par son fidèle vice-président Zhou Yu (Tony Leung Chiu Wai, l’acteur élégant de A toute épreuve, In the mood for love, Lust Caution, etc.). Le spectateur occidental éprouvera quelques difficultés à frayer son chemin dans la quantité de noms de guerriers dont nous abreuve le récit, mais il n’aura aucun mal à se laisser envoûter par un récit composé, comme dirait Louis-Ferdinand Céline, de 3/4 de sang et 1/4 de flûte.

C’est justement un morceau de flûte de pan qui émeut les soldats et les détourne un instant de leurs obligations militaires. “De la poésie en treillis, mais de la poésie quand même”, disait Jean Rochefort à propos des films de Pierre Schoendorffer. Les contempteurs habituels de la Chine seront déçus car si la mise en scène des Trois Royaumes célèbre naturellement l’héroïsme et le sacrifice, elle met surtout en avant la suprématie de la ruse sur la force, et des femmes sur les hommes. L’intrépidité de la belle Chilin Ling (photo) n’est pas la moindre surprise de ce film qui rappelle au final, comme l’écrivait si bien Jack London, que “l’histoire de l’homme, c’est d’abord l’histoire de l’amour de la femme.”

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