Les deux amis de Louis Garrel : la belle orientale et les deux nigauds

Le retour des nigauds au cinéma est toujours une bonne nouvelle, même si l’ambition du cinéaste de transposer Laurel et Hardy de nos jours se heurte au pouvoir du verbe en France, pays des langues dont les instituts contrairement à ses voisins n’ont pas pu choisir entre Stendhal, Baudelaire, Proust et Duras.

La plus pantomime et burlesque du trio est bien sûr Golshifteh Farahani, échappée d’une prison contrainte aux RER du matin et du soir rattrapée par un hystérique porté comme il se doit par Vincent Macaigne et son meilleur ami de bélître interprété par le cinéaste lui-même qui n’a pas peur de se moquer de lui-même dans ses propres limites (“Tu crois que faire tout le temps la gueule te donne l’air profond ?“).

Du trio amoureux, Louis Garrel suggère les limites de l’histoire d’amour entre les deux hommes qui se déchirent comme un couple pendant que la belle attend la police pour un retour en cage avant un envol mieux préparé. Howard Hawks filmait il y a cinquante ans des histoires d’amour entre hommes brisées par l’arrivée d’une femme. Claude Sautet suggérait une vie commune entre Sami Frey et Yves Montant à la fin de César et Rosalie alors que Romy Schneider apparaissait pour briser le duo. Dès lors, l’orientation du récit sur la culpabilité du personnage de Louis Garrel n’est pas à la hauteur de la beauté de Golshifteh Farahani et des paysages contemporains de l’amitié entre les hommes qui aiment la même femme.

Proposition de fin alternative pour Les Deux Amis

Clément (Vincent Macaigne)

T’as baisé avec elle cette nuit ?

Abel (Louis Garrel)

Ne sois pas si vulgaire !

Clément

Vous avez fait l’amour oui ou merde ?

Abel

Tu vois quand j’étais en elle j’ai pensé à toi comme à un ami, comme à mon meilleur ami, et puisque nous ne ferons jamais l’amour ensemble je suis heureux que nous ayons été aussi intimes toi et moi.

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