The chaser : Serial-killer, une affaire coréenne

The Chaser

The chaser de Na-Hong Jin apporte une nouvelle preuve de l’OPA pratiquée par le cinéma coréen sur le film de tueur en série, qui était le secteur de prédilection, jusqu’à il y a une dizaine d’années, et à part M. Le Maudit de Fritz Lang, du cinéma américain. Il a fallu d’un chef-d’oeuvre adapté d’un fait divers, Memories of murder de Joon-Ho Bong en 2004, pour “tuer” le genre en racontant comment la recherche du premier tueur en série de l’histoire de la Corée du Sud avait évolué de la même manière que l’histoire de ce pays, la police recherchant d’abord un monstre, puis un intellectuel pervers, et enfin un être insignifiant.

The chaser ressuscite le genre du film de tueur en série en s’inspirant de la plus célèbre affaire de tueur en série du pays, l’histoire d’un homme qui a séquestré, torturé et tué plus d’une dizaine de call-girls avant d’être arrêté par la police. L’histoire est racontée du point de vue d’un ancien policier devenu proxénète qui surveille les prostituées qu’il envoie sur le trottoir, surtout depuis qu’il soupçonne deux d’entre elles d’avoir été vendues à un autre réseau de prostitution.

Lorsqu’une troisième prostituée disparait mystérieusement, notre antihéros plonge dans la nuit de Séoul à sa recherche, d’abord pour retrouver son abominable gagne-pain, puis par pitié pour la si jolie petite fille de la jeune femme. Le film s’engage alors dans un monde où tout se vend, le pouvoir, les corps, l’affection et la police, et où les pires éléments sont libres comme l’air par la grâce de l’incompétence et des stratégies politiques.
Le réalisateur réussit même à renouveler le genre de la poursuite en remplaçant les habituelles courses en voiture par des courses à pied rendues encore plus effrayantes par leur banalité. Le tueur en série est arrêté, mais il refuse de dire où sont les corps, et l’on suit la tentative de sa dernière proie pour couper la corde qui la retient et s’échapper. La maîtrise de tous les domaines du cinéma (image, son, direction d’acteurs, montage, effets spéciaux, etc.), qui n’a pas d’équivalent en France, à part peut-être chez Pascal Laugier dans Martyrs, soulève finalement une question inédite : allons-nous devoir demander la nationalité coréenne pour faire de bons films ?

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