While we’re young de Noah Baumbach : de l’utilité sociale du détestable hipster

L’intelligence du film du plus francophile des jeunes cinéastes américains, Noah Baumbach, se perçoit jusque dans les airs de Vivaldi empruntés à L’enfant sauvage de Truffaut pour égailler son histoire de documentariste gauchiste raté (Ben Stiller) séduit avec sa femme (Naomi Watts) par un jeune ambitieux hipster (Adam Driver) qui se présente comme un fan.

La comédie roule tranquillement sur l’opposition entre les bobos quadras branchés entourés d’envahissants potes parents idéalisant leur machine à remplir des couches, et les jeunes déconnectés s’habillant dans des fripes, écoutant du hip-hop et se vautrant dans les spiritualités orientalo-aztèques entrecoupées de drogues dures. Le couple endormi refait surface alors que le documentariste est secoué par ce jeune ambitieux qui le titille et l’embarque dans un projet de film assez idiot basé sur ses retrouvailles via les réseaux sociaux avec un vétéran de l’Afghanistan (Brady Corbet, “l’Américain” de tout le nouveau cinéma français).

L’ambitieux cache évidemment un redoutable arriviste qui challenge le gauchiste dans sa jouissance autiste et son inutilité sociale. C’est l’aspect le plus intéressant du film que cette violence exercée sur le personnage de Ben Stiller forcé de se secouer les puces et de sortir le meilleur de lui-même en coupant dans le montage impossible de son film et en se professionnalisant pour trouver une place digne au côté de sa femme. Noah Baumbauch réussit finalement à capter le moment où l’individu puise dans le pire l’assurance qu’il existe autrement et guette les circonstances où it needs two to tango.

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