Love de Gaspar Noé : la pétition de pénis

La sortie consécutive de deux films ambitieux, Love et son internationale bohème de Barbès, While we’re young et et ses bobos et hipsters new-yorkais sur le cinéma, le couple, le sexe et la procréation est naturellement une bonne nouvelle.

Il faudrait rapidement passer ce qui agace dans le cinéma de Noé, le caractère infantilisant des dialogues et situations, une manière de se positionner en permanence par rapport à Stanley Kubrick ou une focalisation sur la jouissance masculine alors qu’il promettait de parler d’un film inédit sur le sexe et les sentiments. Le cinéaste s’arrête étrangement sur les prémisses de la jouissance de sa belle héroïne interprétée par la courageuse Aomi Muyock dont le partenaire caresse gentiment le vagin et le clitoris, alors qu’il nous montre le sexe de son héros sous toutes ses coutures, en plus de quelques autres fréquentés par le couple au cours du film.

Gaspar Noé, à défaut d’être un scénariste, est un cadreur extraordinaire des corps et des couloirs depuis Irréversible et de l’impossibilité pour l’être humain moderne de jouir de manière non perverse dans un monde rétréci. Son américain étudiant en cinéma à Paris rencontre sur les hauteurs des Buttes-Chaumont une belle métisse avec laquelle il vivra l’amour fou jusqu’à l’inévitable séparation précipitée par la grossesse de la voisine et ses infidélités à répétition. C’est alors la fête du pénis, assez curieuse chez ce cinéaste qui ne cesse de provoquer les homosexuels dans ses films, jusqu’à l’épuisement des personnages et du spectateur.

Cet admirateur d’érotisme et d’horreur confondus sait pourtant que le meilleur film sur le sujet, L’empire des sens, rappelait toutes les histoires d’amour à la castration post coïtum. Le cinéma attend celui ou celle qui saura suivant Le Bernin ou Oshima révéler la puissance et le mystère de la jouissance féminine plutôt que de se flageller avec son organe.

 

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