Journée : l’importance du cinéma de femmes

35 Rhums - Alex Descas et la réalisatrice Claire Denis

Lors de son récent classement des 100 meilleurs films de tous les temps, le jury réuni par la prestigieuse revue Les cahiers du cinéma a réussi à ne retenir aucun film réalisé par des femmes, ce qui est un comble quand on pense à l’importance de cinéastes comme Ida Lupino, Agnès Varda ou Claire Denis dans l’histoire du cinéma. Et la présence majoritaire d’hommes dans ce jury n’est pas une excuse pour avoir exclu de ce classement des oeuvres aussi importantes que Chloé de cinq à sept ou Les glaneurs et la glaneuse (deux films d’Agnès Varda).

Hollywood est un milieu encore trop machiste pour offrir beaucoup de place aux réalisatrices, mais le système français de production permet à de nombreuses cinéastes françaises de s’exprimer dans des domaines très divers. Dans la comédie, Danièle Thomson (Le code a changé) et Lisa Azuelos (Lol) n’ont rien à envier à leurs homologues masculins en matière de succès public (à ce jour, 1,2 million d’entrées pour le premier, 2,7 millions pour le second). La place des réalisatrices est encore plus importante dans le cinéma d’auteur. L’attribution du César à Agnès Varda en 2009 récompense l’un des plus beaux films de l’an passé, Les plages d’Agnès, superbe méditation autobiographique sur le désir et le temps. Le plus beau film actuellement sur les écrans est 35 rhums de Claire Denis (photo), cinéaste culte dans les cercles indépendants anglo-saxons.

L’année 2008 nous a offert de très beaux films réalisés par des femmes, Les grandes personnes d’Anna Novion, l’histoire d’un bibliothécaire (Jean-Pierre Darroussin) en vacances en Suède, où rien ne se passera comme prévu, avec sa fille (Anaïs Demoustier) et Stella de Sylvie Verheyde, où la fille de petits bistrotiers grandit à toutes vitesses dans les années 70 pour faire sa place dans un collège bourgeois parisien.

En 2009, Maïwenn a ouvert la voie avec son attachant bal des actrices, et l’année ne sera pas en reste avec la sortie des prochains films, entre autres, de Marina de Van, cinéaste radicale surtout connue pour les scénarios co-écrits avec François Ozon (Ne te retourne pas), de la comédienne Fanny Ardant (Cendres et sang), de Zabou Breitman (Je l’aimais), le nouveau film de la talentueuse Julie Bertuccelli (auteur du magnifique Depuis qu’Otar est parti), L’arbre, le très attendu Coco d’Anne Fontaine avec Audrey Tautou, et en fin d’année le second métrage de Mia Hansen-Love (auteur du magnifique Tout est pardonné), Le père de mes enfants. Alors bravo, et allez Mesdames !

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