Tulpan : des choses qui font battre le coeur

Tulpan

L’une des plus belles scènes de ce début d’année provient sans doute du moment où dans Tulpan, l’anti-héros aux grandes oreilles aide une brebis à mettre bas et lave son agneau. “On vit trois fois plus depuis l’invention du cinéma”, disait un adolescent dans le film taïwanais Yi-Yi, et Tulpan, film kazakh de Sergey Dvortsevoy, prouve qu’un bon film est d’abord la découverte d’un monde.

Asa, jeune marin revenu dans ses steppes natales, rêve d’épouser la seule jeune femme célibataire à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde, mais elle se refuse sous prétexte qu’il a de grandes oreilles, et surtout qu’il rêve de devenir berger, alors que la mère de la jeune fille rêve qu’elle parte vivre en ville.

Le style documentaire du film offre des scènes magnifiques du quotidien de ces steppes arides d’Asie centrale, où la yourte est installée à cinq cent kilomètres de la première ville. Les hommes s’occupent des troupeaux de moutons et des chameaux, la femme cuisine et s’occupe des enfants. Cette organisation sociale qui n’a probablement pas beaucoup changé depuis des siècles, à part l’intrusion de la radio qui donne des nouvelles du plan Kazakhstan 2030 mis en place par le Président, et des séismes au Japon, est bouleversée par l’arrivée d’Asa, le frère de la femme, qui vient de finir son service militaire dans la flotte Pacifique.

Le jeune homme rêve de devenir fermier, mais il court inutilement après les bêtes, rêvasse à la fille des voisins (distants de plusieurs dizaines de kilomètres), et perd les brebis au moment où elles s’isolent pour mettre bas. Un ami fantasque le pousse à abandonner cette vie difficile et à tenter leur chance en ville. Et le héros de choisir la solution qui fait battre son coeur.

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