Vincent n’a pas d’écailles de et avec Thomas Salvador : dans l’utérus du monde

Le très beau film de Thomas Salvador généreux, poétique, vert et burlesque comme son auteur, est une histoire de super-héros pour changer de “Tutu se demande s’il couchera avec Tata ou Titi” et pour secouer les corps dans une nature enchanteresse et utérine.

Quelques notes de flûte annoncent la tristesse du moyen héros de la vie parisienne qui s’exile en Provence pour vérifier que “la misère est moins pénible au soleil”, et où le contact de l’eau décuple ses forces. Il embouche la belle Lucie (l’extraordinaire circassienne Vimala Pons) entre deux ports de parpaings, sauve son ami chahuté par des voyous puis échappe à la gendarmerie dans la course-poursuite à pied la plus réjouissante depuis Liberty de Laurel et Hardy.

Auteur d’une série d’excellents courts-métrages (notamment l’extraordinaire De sortie), Thomas Salvador se lance dans le long avec ses effets spéciaux mécaniques et quelques gommages de filin sous forme d’éloge des handicapés sociaux. Le souvenir de Tati, Buster Keaton, Leone et Monteiro portent la fuite en avant du héros qui embouche les jolies filles comme Spider Man, sauve les copains comme Clint Eastwood et traverse les océans comme le héros d’Est-Ouest. Le plus réjouissant est bien sûr de voir Thomas Salvador passer une heure de film dans à peu près tout ce qui peut faire eau en France, lac, rivière, baignoire, bassin, bac, fossé et des moins propres, et le plaisir communicatif comme ma petite fille dans son bain.


Vincent n’a pas d’écailles (2014) – Bande… par Eklecty-City


Vincent n’a pas d’écailles (2014) – Bande… par Eklecty-City

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