Jeanne Cherhal en concert à Pantin : le pouvoir de la vulve

Bête de scène toute en jambe, parolière et compositrice talentueuse du concept album Histoire de J., originellement nantaise, maîtresse de cérémonie au bonheur de la ville qu’elle appelle “Pan-Pan”, la Jeanne arquée avait donc tous les atouts pour figurer haut dans les lignes de Cinéma dans la lune.

Elle décline en concert un programme de jouissance féminine où le désir croît de s’exprimer et de mettre ses caprices au service de la fiction du couple : appel à l’échappée amoureuse pour mieux se poursuivre (L’échappé : “je te cours pour le plaisir/pour faire durer le désir/pour que dans mille ans tu m’échappes encore”), à la compassion pour les damnés de la terre (Noxolo sur le meurtre sauvage d’une lesbienne sud-africaine) domestication du phallus (Quand c’est non c’est non), désir de pénis en connivence avec le désir de vulve (Cheval de feu), désir d’enfant (le très beau Comme je t’attends sur l’attente de l’enfant chez la femme enceinte : “mon amour si tu savais comme je t’attends/ à la nuit tendre au petit jour/ je pense à toi tout le temps”), demande d’indulgence pour les caprices d’artiste vivant dans la mythologie de Van Gogh (L’oreille coupée : “Je suis pénible et fatigante… et malgré tout ça tu es toujours là/redis-moi pourquoi tu ne t’enfuis pas”).

Entourée de ses “chevelus” comme elle appelle ses trois musiciens gentiment amoureux de la Belle, Jeanne Cherhal s’éclate sur son Bösendorfer, paie l’hommage à Véronique Sanson, passe du tailleur-pantalon immaculé à la robe paillette pour entonner son chant d’amour sous forme d’invite aux hommes à considérer que de tous leurs adversaires, la femme n’est certainement pas le pire.

Histoire de J. en tournée

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