Bande de filles de Céline Sciamma : des filles b…

La cinéaste d’histoires de filles qui découvrent qu’elles ne jouissent pas comme des garçons de marcher sur les plates-bandes de ces derniers (aimer les filles, vivre libre, faire du sport…) impose quatre héroïnes flamboyantes au public trop souvent couvé par les bandes ethniques du Quartier Latin.

La cinéaste parmi les plus talentueuses du jour embrase la salle par un match de football américain au ralenti et la déambulation de ses filles dans la cité de banlieue. Marieme, 17 ans, est amoureuse, lâche l’école, intègre une bande, vend de la drogue… Le film alterne ensuite les passages très didactiques du jeune cinéma français (une scène pour la violence masculine, une scène sur l’orientation orientée des Français issus de l’immigration, une scène sur le racket à l’école, une scène de bagarre…) et les exceptionnels passages où les filles improvisent, dansent, se déhanchent sur les rives de la ville la plus admirée du monde, notamment aux pieds de l’Arche de la Défense conquis par ces combattantes.

Shine bright like a diamond chantent-elles sur Rihanna dans leur univers américanisé, le pays qui continue de faire croire que tout est possible quand la France aime à se faire peur et tourner autour de ses peurs depuis un certain temps. Marieme joue pourtant l’équipe de France aux jeux vidéos lorsqu’elle a acquis le respect des garçons. Elle va un peu trop loin dans le mâle monde de la cité pour ne pas s’y brûler jusqu’à s’offrir un nouveau départ qui aurait pu se finir sur un regard-caméra à la Doinel qu’offre après tout l’affiche puisque c’est bien de ce dont il s’agit, de la capacité du cinéma à déranger l’avenir.

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