Blue Ruin de Jeremy Saulnier : la barbarie à fleur de civilisation

L’un des topos les plus courus du cinéma contemporain est la représentation de la barbarie dans un monde qui la côtoie finalement très peu par rapport aux générations passées, à l’exception de quelques régions que la plupart de nous évitent sagement.

Blue Ruin dépoussière le genre avec son semi-clochard en quête de vengeance de ses parents assassinés par le fils d’une famille semi-mafieuse, à moins qu’il s’agisse du patriarche protégé par sa progéniture… Le retour de la pulsion de meurtre est parfaitement orchestré par Jeremy Saulnier qui choisit un acteur passepartout, Macon Blair, pour le transformer en cadre moyen épaulé par un ami métalleux pour devenir une machine à tuer.

L’homme sans qualité au coeur de l’histoire est bien entendu dépassé par l’ampleur de la comptabilité macabre et de l’appel du sang plus fort qu’une banale histoire d’amour adultère. L’histoire verse aisément dans le discours d’opposition à la prolifération des armes aux Etats-Unis, au risque d’oublier que Blue Ruin arpente la douleur de constater que le conservatisme a triomphé au point de donner plus de valeur aux vengeances de sang qu’aux épanchements du coeur.

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