Black Coal de Yi’nan Dao : Tirez sur l’artifice

Quel plaisir de voir l’âme damnée de ce bijou noir rejouer l’hésitation d’Aznavour dans Tirez sur le pianiste de la Truffe, prendre ou non la main aimée et détestée de la femme d’un couple uni jusqu’à l’abjection par un terrible secret.

Ca commence avec un ex-policier en bout de course héritier de Humphrey Bogart et Jean Gabin. Il reprend dix ans plus tard l’enquête liée à la dispersion de morceaux de cadavres dans sa région minière de Chine qui converge autour d’une employée de pressing, victime d’un pervers, à moins qu’elle ne soit consentante, veuve noire ou victime de la violence des puissants.

Brillamment cadré, violent et noir, Black coal a la couleur sale du charbon mêlé de neige et éclairé par les néons. Le coup de génie du cinéaste se trouve dans la scène finale où l’ancien policier venge la victime de cette effrayante histoire. On pense à Piccoli tuant son collègue policier dans Max et les ferrailleurs pour se faire pardonner de Romy Schneider manipulée pour sauver son orgueil de mâle blessé, mais Yi’nan Dao utilise ici toute la démesure de son art et de son histoire pour déposer un baiser sur les lèvres de la femme aimée.

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