L’étrange couleur des larmes de ton corps de Cattet et Forzani : Fétiche à mort

Courage, Spectateur ! Le marché est asséché jusqu’à l’annonce de la sélection du Festival de Cannes à la mi-avril, alors il faut en profiter pour voir les films qui passeraient inaperçus dans le flot de la quinzaine de sorties hebdomadaires des périodes fastes (mai, juin, septembre et octobre).

Hélène Cattet et Bruno Forzani mêlent avec L’étrange couleur des larmes de ton corps la nostalgie pour le giallo, ou mélange de cinéma policier, d’horreur et érotique italien des années 60 aux décors Art Nouveau et à l’empreinte laissée par Magritte à Bruxelles. L’ambition du film se mesure dans l’emploi de cadrages audacieux, la musique omniprésente, la division de l’écran en deux, trois ou quatre plans…

Les cinéastes traitent d’un thème complexe, le degré d’images morbides consommées par l’homme contemporain pour renoncer à ses pulsions les plus agressives.Le film est une épreuve pour le spectateur dérouté par les fils tortueux empruntés par cette histoire d’homme à la recherche de sa femme, et qui ne s’est jamais remis d’un drame de l’enfance après lequel le monde est apparu moins pur que ne le laissait rêver la chambre chaude de l’enfance. Cramés, se disent les cinéastes par le tournage de cette oeuvre noire. Un soupçon de narration dans les méandres de cette extraordinaire maison hantée vendue à la découpe en cramerait beaucoup plus, de spectateurs…

 

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