Folle Journée de Nantes 2014 (2) : Zahia Ziouani et la musique classique pour tous

Il y avait dans les westerns projetés par la Dernière séance, présentée par Eddy Mitchell, un je-ne-sais-quoi de recueillement et d’aventure qui transcendait les classes sociales, les frontières et les petites communautés auxquelles on adhère par habitude, commodité ou paresse.

Ma madeleine porte quelque chose du crâne chauve de Yul Brynner dans Les sept mercenaires et Les dix commandements, alors comment ne pas être ému par l’ouverture du concert de l’Orchestre Divertimento mené par Zahia Ziouani sur la musique d’Elmer Bernstein pour le remake des Sept samouraïs au far west ?

Cet hommage à la musique de film comme musique classique de ceux qui n’aiment pas la musique classique est coloré par les cuivres de Gershwin (I got Rhythm) et Copland (Rodeo), les notes jazzy du New York New York de Herman pour le film de Scorsese, les cordes et les cuivres de John Williams pour Star Wars qui synthétisent l’histoire de la musique classique de Mozart à Wagner, et la tendresse de Mancini pour les beaux yeux d’Audrey Hepburn et l’élasticité de Peter Sellers.

Les jeunes autour de moi ont tous dégainé, la larme à l’oeil, leur appareil à copains virtuels pour immortaliser la prise de son sur la musique de Star Wars et Pirates des caraïbes. Se moqueront bien sûr ceux pour qui la musique classique est toujours allée de soi pour avoir été transmise en famille, sans la rugosité de l’exploration. Les autres savent le chemin qui mène de Barry Lyndon à la découverte de Schubert, dIl était une fois dans l’ouest au Concerto d’Aranjuez, du Jour le plus long à la 5e Symphonie de Beethoven. Comme l’ancien espion est-allemand achetant dans La vie des autres le récit de son histoire, ils peuvent dire “Das ist für mich”.

Folle Journée de Nantes, jusqu’au 2 février 2014

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