Tonnerre de Guillaume Brac : un monde à femme

C’est un monde éloigné de la tyrannie du projet où un artiste un peu raté rencontre une jolie journaliste, qui aime un beau footballeur. Guillaume Brac avait réussi le tendre Un monde sans femmes. Il retrouve Vincent Macaigne qui après une trilogie consacrée à la prolétarisation des classes moyennes en 2013 (Kingston Avenue, La fille du 14 juillet, La bataille de Solférino), reprend son rôle de paumé romantique réfugié chez son père (Bernard Ménez) pour fuir Paris : “c’est une ville assez violente”.

Guillaume Brac a le talent de réussir le portrait d’un monde éloigné de la tyrannie du projet parisienne (où tout le monde doit être en train d’écrire, de produire, de réaliser, de chanter, d’entreprendre… pour être crédible). Ca se passe à Tonnerre en Bourgogne pour anticiper l’éclat du héros dépressif qui refusera de voir sa copine disparaître pour un bélître (Jonas Bloquet, qui poursuit une belle carrière).

Le cinéaste est à son meilleur lorsqu’il filme les jeux des amants volés au temps qui nous passe. Solène Rigot et Vincent Macaigne s’embouchent dans des sortes de catacombes de la ville Tonnerre et le monde tourne autour de leurs câlins. La jeune femme disparaît et il commet une folie pour ne pas plonger dans la dépression. On regrette une fois encore la timidité des plans de sérénité qui concluent trop de films français, en rêvant des cimes où le personnage aurait pu porter les rêves de ceux qui prennent plaisir à mettre leur vie en jeu.

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