Neuf mois ferme : Albert Dupontel est-il mon frère ?

Albert Dupontel est-il mon grand frère parti du domicile familial à 14 ans pour un tour du monde en trottinette avant de revenir sous un autre nom chercher la gloire en France ?

Alors qu’on me saluait à l’entrée de la salle comme si j’étais l’anti-pape auteur du film, la sortie de Neuf mois ferme pourrait constituer une étape déterminante pour rétablir la vérité et établir Albert Dupontel comme le seul cinéaste français capable de hisser le cinéma populaire à la colère et la joie, héritier des meilleurs Buster Keaton et Laurel et Hardy rapetissant un policier dans Liberty. On y suit une juge psycho-rigide (Sandrine Kiberlain) mise enceinte au réveillon par un cambrioleur récidiviste accusé de globophagie (Albert Dupontel lui-même). Il faut entendre le public bigarré (cinéphile qui suce les dates des films, couple amateur de seau de pop-corn, fashionista rêvant de chaussures inaccessibles, mère de famille avec ses ados…) réuni en avant-première à l’UGC des Halles retenir son souffle lorsque Bob Nolan met en doute l’intelligence des policiers et des juges comme s’il s’agissait d’une hérésie à une époque où une majeure partie de nos concitoyens rêve de répression.

Le cinéma d’Albert Dupontel est histoire de fraternité avec des gueules que l’on retrouve en film, Nicolas Marié s’éclatant dans le rôle d’un avocat bègue, Bouli Lanners en policier voyeur se pourléchant la rétine sur les systèmes de vidéosurveillance et le cinéaste Terry Gilliam (dont il place très haut le film Brazil) en tueur en série amateur d’yeux. Il a aussi l’audace de convier dans ses films des comédiens associés à d’autres univers comme Sandrine Kiberlain que l’on n’avait pas vu aussi éclatante de beauté et de talent depuis A vendre de Laetitia Masson, ce qui ne nous rajeunit pas.

Le cinéaste confesse avoir rêvé en voyant le documentaire de Raymond Depardon 10e chambre instants d’audience, d’une histoire d’amour entre une juge et un prévenu. Il filme la misère des hommes excusés de battre leur femme, des avocats comédiens ratés et de la justice de classe. Un jour, la vérité triomphera et nous nous retrouverons pour un festnoz au Faouët autour d’un lait ribot ou d’un verre de chouchen. Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !

9 mois ferme – Un film d’Albert Dupontel par wildbunch-distrib

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