La farce des Frères Coen est-elle le bilan bouffon des années Bush ?

Burn After Reading - Frances McDormand et Brad Pitt

Si le fait d’avoir évité une paire de chaussures de taille 44 est le dernier acte héroïque de George Bush, le film des Frères Coen Burn after Reading, farce délirante qui oppose des agents bureaucrates et idiots de la CIA, dont John Malkovich, à deux minables employés d’une salle de sport (Brad Pitt et Frances Mc Dormand), et un sinistre dragueur du Ministère des Finances (George Clooney), est peut-être le bilan des huit années du règne de celui que même les Américains surnomment désormais le « plus mauvais président de l’histoire des Etats-Unis ».

Deux minables employés (dont Brad Pitt, hilarant) d’une salle de sport tentent de marchander la disquette égarée par la femme d’un agent secret de second rang. L’histoire sert rapidement de macguffin, comme dirait Hitchcock, pour décrire ce qui intéresse véritablement les Frères Coen : un festival d’imbécilité et de lâchetés. Burn after Reading a trop de longueur et de raccourcis pour faire un grand film, mais il faut voir John Malkovich mimer la crucifixion, George Clooney construire un siège à onanisme en guise de cadeau d’anniversaire pour sa femme, et Brad Pitt danser la techtonik, pour se dire que le monde est peut-être tout simplement devenu fou, et qu’il faut préférer le burlesque à la métaphysique si l’homme est devenu à ce point désespérant.

Charlie Chaplin a rendu leur dignité aux perdants, et les frères Coen leur ont rendu leur honneur, en soulignant à chaque fois que les grands de ce monde sont bien plus dangereux que toutes les mesquineries des petits. Frances Mc Dormand, qui sauvait déjà le jeu de massacre de Fargo, pour lequel elle reçut l’Oscar, survole encore ce festival de beaufs libidineux mais cette fois-ci, sa seule revendication consiste à obtenir les moyens de s’offrir les mensurations idéales. Vivement les robots !

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