Mascarades de Lyes Salem : pour le plaisir du sourire de l’Algérie

Mascarades

Cette histoire de macho ordinaire dont la moustache et le jogging de classe internationale lui confèrent le caractère inoffensif et le ridicule de Charlot, vivant dans un village reculé de l’Aurès, qui invente un fiancé richissime à sa jeune sœur Rym pour se venger du sort et des moqueurs, apporte de bonnes nouvelles aux amoureux du soleil et des sourires de l’Algérie.

Les esprits chagrins soutiendront sans doute que la comédie de Lyes Salem ne reflète pas la situation difficile de millions d’Algériens, sans parler de leurs femmes, mais après tout la fin des Temps modernes de Chaplin ne reflète pas la situation des millions de célibataires qui vivaient dans les années 30, pas plus que celle des millions de célibataires d’aujourd’hui.

Lyes Salem a le sens de la mise en scène de l’émir Kusturica pour glisser sa caméra des situations les plus sordides à la joie d’une jeune mariée, « déshonorée » comme dit son frère odieux, mais virginale dans sa robe rayonnante de blanc, pour évoluer des mensonges et des lâchetés des villageois au sublime des paysages montagneux et accidentés de l’Aurès filmés comme la Monument Valley dans les westerns de John Ford (mais après tout un autre franco-algérien, le chanteur de rock Rachid Taha, prétendait que tous les films étaient des westerns), pour oublier, le temps de trois accords d’oud et d’un rêve de la jeune femme narcoleptique, la corruption et les espoirs déçus. Face à cela, à tout cela, une caméra, promesse de soleil levant.

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