Folle Journée 2013 (3) : L’amour sorcier de Manuel de Falla, où l’on ne taille pas dans la vie sans se couper

Nous parlons d’un homme rongé toute sa vie par le mal causé par la syphilis qu’il avait contracté lors de son premier et probablement unique rapport sexuel, tarifé, alors qu’il était jeune homme.

Le chef-d’oeuvre de Manuel de Falla (1876-1946), L’amour sorcier (1915), est interprété par la chanteuse de flamenco Antonia Contreras au chant et l’Orchestre Poitou-Charentes sous la direction de Jean-François Heisser.

L’amour sorcier est un chant gitan de l’amour “semblable au feu follet, tu le fuis et il te poursuit, tu l’appelles et il se sauve“. Antonia Contreras offre sa puissance vocale et physique au service de cette histoire de jalousie et de possession : “je suis la voix de ta destinée ! Je suis le feu dans lequel tu te consumes ! Je suis le vent dans lequel tu soupires ! Je suis la mer dans laquelle tu as échoué !”. L’Orchestre sublime la Danse rituelle du feu avant de redonner la parole à la chanteuse qui porte les derniers feux de la passion d’un amoureux de l’amour qui allait se tourner avec moins de bonheur vers Dieu. A propos du jeune homme qui se plaignait de la complexité des femmes qui fuyaient lorsqu’on était trop insistant et couraient après ceux qui les délaissaient, René Char écrivait : “il sera toujours temps d’apprendre à Claude qu’on ne taille pas dans sa vie sans se couper”.

Folle Journée de Nantes 2013 L’heure exquise, jusqu’au 3 février*

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