Folle Journée de Nantes 2013 : “il faut méditerranéiser la musique”

A l’issue d’un mois de vengeances cinématographiques pleines de sang et de fureur, il est naturel de se pencher sur le festival nantais qui sacre le moment où les musiciens français et espagnols se sont vengés par le moyen le plus commun à la civilisation méditerranéenne, la sensualité et le recueillement, de deux siècles d’hégémonie allemande dans le domaine musical.

Que s’est-il donc passé pour que Nietzsche rêve de brûler ses premiers amours wagnériens et son cortège de haine pour “méditerranéiser la musique” en entendant la Carmen de Bizet ? Qu’aurait-il dit en entendant Claude Debussy, Manuel de Falla et Erik Satie ?

La musique de Claude Debussy relève de la volupté de la caresse et de la douleur de la mélancolie, de l’amour impossible et sans cesse renouvelé, du désir de recueillement devant l’être et de la puissance de l’espoir. Il faudra écouter durant la Folle Journée la plus proustienne des pianistes françaises, Anne Queffélec, interpréter les musiciens fin de siècle, les délicieuses soeurs Bizjak interpréter Debussy et Ravel, l’Orchestre Lamoureux interpréter le Boléro de Ravel pour se demander qui mourra au premier coup de cymbales, l’ensemble Vox Clamantis interpréter Messiaen, Antonia Contreras porter L’amour sorcier de Manuel de Falla… Et bien sûr se souvenir de Brigitte Engerer disparue l’an dernier, qui a tant donné aux Folles Journées.

A la mort de Claude Debussy, Alfred Cortot vient jouer des Préludes à sa fille Chouchou. “Papa écoutait davantage” répondit la jeune fille à la santé fragile, qui allait disparaître un an plus tard à l’âge de 14 ans. Ecoutez la musique pauvres mortels, c’est avec l’amour la seule relation que vous aurez jamais avec l’éternité.

Folle Journée de Nantes 2013, du 30 janvier au 3 février 2013

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