Bonne année de cinéma 2013 avec Arnaud Desplechin

C’est un plaisir d’ouvrir cette nouvelle année sur le projet le plus ambitieux du plus impressionnant auteur du cinéma français avec Abdellatif Kechiche, Arnaud Desplechin, pour l’adaptation de l’ouvrage Psychothérapie d’un indien des plaines du citoyen du monde Georges Devereux (né juif roumain, converti au catholicisme en France où il adopte un patronymequi contient le mot juif (evreu) en roumain, il s’exile aux Etats-Unis durant la guerre, revient enseigner en France, et demande que ses cendres soient dispersées dans le cimetière du Colorado de la réserve indienne dont il a suivi la communauté). Où l’on souhaite que ces lettres persanes donnent la mesure de l’immense talent d’un cinéaste auquel on reproche de s’enfermer dans le portrait de la bourgeoisie française.

Le grand cinéma américain entre indépendance et grand studio sera très présent au cours de ce mois de janvier avec The master de Paul Thomas Anderson avec Joaquin Phoenix, inspiré de l’histoire du fondateur de l’église de Scientologie (classé dans la liste des meilleurs films de 2012 d’A. O. Scott du New York Times), Djanco unchained de Quentin Tarantino d’après le western italien de Corbucci, première intrusion du cinéaste de la violence baroque dans le genre des origines de l’Amérique (et de l’esclavage), et le biopic sur la vie d’Abraham Lincoln par Steven Spielberg.

Nous irons voir Goodbye Morocco de Nadir Moknèche avec Lubna Azabal et Faouzi Bensaïdi et le retour de l’enfant terrible du cinéma américain Harmony Korine avec Spring breakers. Nous manquons rarement un film avec notre lointain cousin Matt Damon, alors nous devrions être de Promised land de Gus van Sant et son allure d’Americana optimiste sur les capacités de ce grand pays à sortir plus fort de chaque crise. Le cinéaste français le plus représenté à Cannes, Bruno Dumont, pourrait sortir de ses mimiques qui tournent en rond depuis quelques films sur les paumés du nord de la France (islamistes mais innocents, ange exterminateur SDF, etc.) avec l’internement de Camille Claudel dans un film du même nom avec Juliette Binoche.

Bien sûr, de nombreuses sorties de films sont suspendues en attente du verdict de Cannes qui devrait ouvrir avec l’adaptation de Gatsby le magnifique par Baz Luhrmann (Moulin rouge), et inviter peut-être L’écume des jours de Michel Gondry (avec Romain Duris et Audrey Tautou), Stoker de Park Chan Wook (Sympathy for mister vengeance, Old boy), Only god forgives de Nicolas Winding Refn (Drive), Mud de Jeff Nichols (Take shelter) et peut-être le film d’Arnaud Desplechin sus-cité…

Le plaisir pourrait venir du côté du cinéma français de Les coquillettes de Sophie Letourneur, court-métragiste multi-récompensée en festival qui présentera son second long-métrage, et de La maison de la Radio, incursion de Nicolas Philibert (être et avoir) dans la célèbre institution française et audacieux projet consistant à filmer des images sur leur plus fidèle compagnon au cinéma depuis quatre-vingt ans, le son.


Bande Annonce De The Master – VOSTFR par bandeannoncede

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *