Le Hobbit, un voyage inattendu de Tolkien/réalisé par Peter Jackson : Fraternité !

Il faut se rappeler que la Bible de milliers de jeunes gens mal peignés qui pratiquaient les jeux de rôle dans les années 80/90 s’appelait Bilbo et qu’ils pouvaient passer des nuits entières à se rêver en hobbits, elfes, magiciens ou nains, seuls ou avec quelques-uns en train d’affronter une armée de gobelins, de trolls et des invincibles nazgûls (dont l’étymologie est simple). Pour eux, l’adaptation de la trilogie de Tolkien Le seigneur des anneaux par le cinéaste de films d’horreur Peter Jackson a été un événement considérable, une grande fête de l’imaginaire, du plaisir de la langue (Tolkien, médiéviste, s’est inspiré des grands mythes européens et méditerranéens de L’Odyssée de Homère à la Tétralogie de Wagner en passant par La chanson de Roland) et des yeux, Peter Jackson s’inspirant de la peinture de Gustave Moreau, de Claude Gelée dit le Lorrain, du cinéma d’horreur et de l’imaginaire de l’héroïc fantasy pour l’adaptation des romans de Tolkien.

Bilbo est le premier roman abouti de Tolkien à traiter de la Terre du Milieu, en se focalisant sur celui qui deviendra un personnage secondaire dans Le seigneur des anneaux, bien que sa découverte dans le premier roman (l’anneau d’invisibilité) ne soit l’objet majeur de convoitise de la série. Peter Jackson a divisé le roman en deux parties pour accroître le plaisir des fans et des investisseurs, et sans doute aussi pour éviter de couper outrageusement dans l’intrigue.

Bilbo se voit proposer par Gandalf le magicien de participer à l’épopée de seigneurs nains désireux de reconquérir leur paradis perdu, un royaume conquis par un dragon avide de leur or. Les hommes poilus du menton et des pieds se mettent en route alors que les forces du mal grandissent. Comme l’a prévu Gandalf le Gris, l’homme dont l’apparence est la plus fragile peut toujours nous étonner et renverser les situations les plus improbables.

Bilbo est davantage destiné à un public d’enfants que Le seigneur des anneaux, et manque cruellement de femmes (l’apparition de Cate Blanchett en reine elfe aux allures de vierge dans sa robe immaculée laisse songeur sur les représentations du romancier qui allaient évoluer avec le personnage d’Arwen, qui dans la trilogie renonce à son immortalité d’elfe pour épouser un humain) pour détourner ces braves messieurs de leurs jeux de flèche et d’épée.

Reste que comme Les sept samouraïs, Bilbo traite avec un plaisir contagieux de la constitution et de la consolidation d’un groupe, d’une bande à part, de la fraternité des êtres humains, de ce plaisir qu’ont connu tous les joueurs de jeux de rôle et que votre serviteur retrouve lors de chaque tournage devant l’immensité des possibles offerts par une troupe de deux à plusieurs dizaines de personnes. Action !

Bilbo le Hobbit : Un Voyage Inattendu – Official… par Eklecty-City

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