Guillermo del Toro ou l’imaginaire au pouvoir

“La vraie peur, c’est quelque chose comme une réminiscence des terreurs fantastiques d’autrefois.”

Guy de Maupassant, La peur

Hellboy 2 du cinéaste mexicain Guillermo del Toro confirme que son auteur renouvelle aujourd’hui l’imaginaire du cinéma avec autant de force que Georges Méliès à l’aube du cinéma, Jacques Tourneur (La féline, vaudou) dans les années 40, Alfred Hitchcock dans les années 50, George Romero (La nuit des morts-vivants, Zombie) dans les années 70 ou Steven Spielberg dans les années 80.

Guillermo del Toro est le premier cinéaste fantastique grand public à donner une dimension clairement politique à son cinéma, que ce soit dans L’échine du diable, dans lequel un orphelinat de jeunes garçons était effrayé par le fantôme de l’un d’entre eux à l’heure où les troupes de Franco remportaient la guerre civile, ou dans Le labyrinthe de Pan, dans lequel une petite fille s’inventait un monde fantastique pour fuir l’horreur de son beau-père, un odieux officier franquiste (Sergi Lopez, qui mourrait comme dans Harry, un ami qui vous veut du bien) qui pourchassait les derniers Républicains dans les montagnes espagnoles, où le film avait clairement des accents de lutte contre l’autorité, thème salvateur depuis l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis en 2003.

Le héros du comic Hellboy, le super-héros à l’air diablotin issu de la bande dessinée de Mike Mignola découvert par les troupes britanniques en Ecosse, est l’occasion de très nombreux développements sur la différence et la tolérance. Il fallait toute l’importance et la tendresse de Ron Perlman (La guerre du feu, la cité des enfants perdus) pour camper ce superhéros repoussant mais attachant, qui se rase les cornes qui lui poussent sur le front pour mieux s’intégrer parmi les humains. Hellboy 2 place notre héros en opposition à un elfe qui souhaite en finir avec la race humaine. Il faut voir la salle pleine à craquer retourner dans la chambre chaude de l ‘enfance, au royaume des peurs et des possibles, pour croire en les pouvoirs magiques du cinéma.

 

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