Tonnerre sous les tropiques, ou le plaisir du cinéma rabelaisien

“La découvert de la transformation d’une faiblesse personnelle en force théâtrale fut de la plus grande importance pour la mise au point d’une approche personnalisée des clowns, pour une recherche “de son propre clown” qui est devenue un principe fondamental (de la formation).”

Jacques Lecoq, Le corps poétique

Tonnerre sous les tropiques de Ben Stiller est aussi imbécile et pataphysique qu’un film d’Eric et Ramzy, nous rappelant par ses plaisanteries scatologiques dont Jack Black (Super Nacho, King Kong, etc.) est le maître que le corps, comme le traitait Rabelais, est un vaste orifice qui vente, comme disait Montaigne (ceux que ma citationnite hérisse peuvent zapper sur d’autres chaînes) par trois voies.

 Alors cette farce au casting hollywoodien vaut moins pour son scénario aussi simplet que ce film dans le film où Ben Stiller jouait un demeuré, que pour sa joie et sa fantaisie. Il faut voir dans les fausses bandes annonces qui ouvrent le film Jack Black interpréter un pétomane, Ben Stiller sauver le monde du réchauffement puis du refroidissement, puis Robert Downey Jr. en moine jeter des oeillades à un confrère pour admettre que le ridicule ne tue pas.

 La découverte in fine d’une des plus grandes stars hollywoodiennes dans cette farce qui célèbre le droit de chacun à l’idiotie impose le respect à une époque où la traçabilité et le désir de pureté permettent de faire flancher le moindre individu pour une faute ou une parole de travers commise autrefois. Et puis comme disait Terry Gilliam (La vie de Brian, Brazil, L’armée des douze singes, etc.), il n’y aurait de bonne révolution que celle qui se ferait avec le sens de l’humour.

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