Rengaine de Rachid Djaïdani : l’homme sans soeur ni trompette

C’est une nouvelle école cinématographique, propulsée par le coup de poing fauché de L’esquive, le gros grain numérique, la caméra portée à bout de bras, le retour du refoulé africain de la France et la tchatche des personnages d’Abdellatif Kechiche, puis il y eut Donoma de Djinn Carennard et aujourd’hui Rengaine de Rachid Djaïdani, manifestement inspiré par les précédents.

On y suit Dorcy, noir de culture chrétienne, qui propose à sa petite amie, Sabrina, de culture musulmane, de l’épouser, à Paris aujourd’hui. Le hic, de taille : elle a quarante frères dont certains sont prêts au pire pour interdire cette union qu’ils jugent contre-nature.

Le rythme nerveux des images est aussi épuisant que les arguments idiots de certains des protagonistes masculins pour empêcher leur soeur d’être heureuse. A une projection de Vénus noire en présence d’Abdellatif Kechiche, un jeune Arabe à lunettes remerciait le cinéaste d’avoir montré les humiliations qu’un arabe français subissait chaque jour sur le terrain de la vie. Rengaine puise dans l’origine métissée du cinéaste (d’origine algérienne et ougandaise) pour renvoyer les arabes et les noirs bornés à leurs racismes et leur dernier chant de coq de petit macho. Le féminisme et l’appel à la non-identité du cinéaste en font un héros du XXIe siècle.

Rengaine Bande-annonce par toutlecine

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