Skyfall de Sam Mendes : le cinéma de l’inachèvement

On peut mesurer le degré de sagesse d’une époque au niveau de ses divertissements, et la frilosité de Skyfall qui vient fêter 50 ans de James Bond n’est pas du meilleur augure.

On y suit l’agent vieillissant abandonné par son employeur M comme Maman (tout le monde l’appelle “mum”) qui préfère perdre son célèbre agent plutôt que la liste des agents du MI6 infiltrés dans les organisations terroristes. Bond ne se remet pas de cet infanticide jusqu’à ce qu’un terrible attentat frappe le MI6 en plein coeur de Londres. L’amour du drapeau et de la queen aidant, James retourne au pays, rate ses examens, mais soutenu par Mum, retrouve le méchant (Javier Bardem) qui n’attendait que ça pour se venger de Mum qui l’avait aussi abandonné.

Dans cette curieuse parabole autour de la peur masculine de l’impuissance, James nous révèle qu’il est peut-être bisexuel, mais toujours aussi macho (la James Bond girl est sitôt tuée, sitôt oubliée), patriote vieux-jeu, mais prêt à faire le beau avec son drapeau dans la profondeur de champ (quand verra-t-on des films adultes où l’on nous dira que c’est le petit verbe être qui cause tant de guerres ?), traumatisé par la mort de ses parents, mais prêt à ravager la maison familiale pour sauver Mum.

Proposition de fin alternative pour Skyfall

James Bond et Miss Moneypenny marchent sur le toit du siège du MI6.

James Bond

J’ai découvert à 50 ans que je pouvais vivre sans ma maman et mon pays. J’aimerais avoir un enfant avec vous.

Eva Moneypenny

James, vous êtes aussi infidèle qu’un chat de gouttière.

James Bond

Oui, mais j’aime beaucoup Baudelaire : “Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux/retiens les griffes de ta patte/et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux/mêlés de métal et d’agate”.

The end

Skyfall – Bande-annonce teaser VOST par SonyPicturesFr

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