The we and the I de Michel Gondry : bande de jeunes ons

Le on est-il l’expression de la peine du jeune ou un simple phénomène de bande ? Nous touchons là l’une des percées de notre temps qui permettra de lire dans 200 ans que notre génération n’a pas fait que piller les ressources de la terre, mais qu’elle a aussi fait des films.

Michel Gondry filme des lycéens amateurs d’un quartier du Bronx (New York) dans le bus qui les ramène chez eux en ce dernier jour de classe. Chaque sortie d’un élève est l’occasion d’une reconfiguration des rapports de force au sein du bus, entre les garçons turbulents, les filles qui se demandent qui inviter à leur anniversaire, les musiciens autistes, le couple embouché au french kiss, la fille qui raconte à ses copines qu’elle a fait l’amour sans préservatif…

C’est sans surprise le téléphone portable et les réseaux sociaux qui réunissent tous les jeunes autour de la vidéo-gag filmant la chute d’un élève sur le sol. Marqué par la culture hip-hop qui rythme les images et les transitions, The we and the I est filmé comme le déluge verbal d’une seule personne, la jeunesse, aux personnalités multiples (tyran, romantique, artiste/autiste, etc.). Comme dans Approche(s) de Salma Cheddadi, les déclarations d’amour et de désamour se font en groupe, au vu et au su de tous, et les jeunes testent les multiples formes de l’amour pour ne passer à côté d’aucun plaisir.

Seulement, le cinéaste ne semble avoir retenu de son titre que la première partie tant il peine à faire vivre le “je” de ses personnages. Ce grand cinéaste atteignait des sommets d’émotion dans Eternel sunshine of the spotless mind en étant porté par des interprètes d’exception (Jim Carrey et Kate Winslet). Ses comédiens amateurs sont moins à même de passer du registre du bizutage aux rivages de l’amour, comme les élèves de Miriam qui nous écrivait que ceux qui perturbaient le plus sa classe pouvaient lui dessiner de grands coeurs le dernier jour de l’année. S’il te plaît Michel, toi qui adaptes l’un des plus beaux romans du monde, L’écume des jours, ne dessine pas de coeur, mais parle nous simplement d’amour.

The We and the I Bande annonce du film par LE-PETIT-BULLETIN

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