
Le cinéma et le strip-tease font bon ménage depuis longtemps puisqu’il s’agit ici et là comme en philosophie de dévoiler en prenant le temps d’accroître le plaisir du spectateur.
Steven Soderbergh, amoral lorsqu’il filme des blockbusters (la série des Ocean’s), moraliste en cinéma d’auteur, poursuit sa comédie humaine de la quête de salut de l’Américain moyen par le fantasme de justice (The informant, terrifiant portrait d’un mythomane interprété par Matt Damon qui dénonce les pratiques illégales des dirigeants de son entreprise au FBI avant que les Fédéraux ne découvrent qu’il détourne lui-même des sommes phénoménales) et le culte du corps : terreur des épidémies et du contact du corps dans Contagion, escort-girls dans Girlfriend experience, strip-teasers dans Magic Mike et sa boîte à gigolo.
Le prototype de l’athlète américain, Channing Tatum, épaules larges et mâchoire carrée, également producteur du film, y interprète un professionnel de l’effeuillage qui initie une nouvelle recrue dans sa boîte où viennent se pâmer les dames. On sait depuis Flashdance qu’un morceau de disco et une pièce de viande humaine bien musclée font un effet boeuf au cinéma, alors il ne faut pas bouder son plaisir devant cette revanche féminine qui se trouve si souvent déshabillée au cinéma. Nous aurions rêvé que le cinéaste creuse davantage la conquête des femmes pour se moquer de nos mâles certitudes et assouvir leurs désirs, mais Steven Soderbergh se surpasse parfois, notamment lorsqu’au détour d’une soirée strip-tease police chez des étudiantes, la virée vire au cauchemar et les deux héros se retrouvent à lutter à poil contre les copains des jeunes filles, ridicules jusqu’au bout de leur string.