21e Festival Côté Court : Snow Canon de Mati Diop, Lolita jouit en bloc

Dans la famille des possibles qui font peur aux parents, la palme revient à la sexualité des jeunes filles. Mati Diop, émouvante interprète de 35 rhums de Claire Denis, filme comme un fantasme au sens propre du terme, un fantôme, une jeune baby-sitter anglophone (Nour Mobarak) envoûter, pour se consoler d’une rupture amoureuse, la gamine qu’elle est censée garder dans les Alpes.

Ce genre de scénario court parfois le risque de la dissertation dans un cinéma français qui réduit trop souvent l’art au droit à la différence. Mati Diop s’intéresse à ce qui à l’ère de la distance et du vide de la communication interplanétaire (Voutch dessinait : “j’ai également le plaisir d’accueillir sur le plateau de cette émission Madame Chantal Rodriguez, qui aime beaucoup la pizza. Elle nous apportera son précieux témoignage”, les gamines de Snow Canon remplissent le vide en tchatant sur le néant) est devant nous : l’hypersensualité du monde et des êtres qui nous entourent. La prophétie de Barthes (“l’origine a appartenu, l’avenir appartiendra aux sujets en qui il y a du féminin”) résonne dans ces images délicieuses.

Festival Côté Court de Pantin, du 6 au 16 juin 2012

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