Dark Shadows de Tim Burton : Filme ton monstre, bébé

Dark Shadows : photo Johnny Depp, Tim Burton

Plutôt que d’enseigner dans les écoles de cinéma à filmer son nombril où l’on ne trouve souvent que des noeuds, peut-être un jour se souviendra-t-on que Tim Burton filmait son monstre, son idiot intérieur, et qu’il nous a offert ce faisant la plus belle galerie d’horreur de son époque.

Sur un scénario franchement bis (un vampire enterré au XVIIIe siècle réapparaît et décide de venger sa famille américaine d’une méchante sorcière d’origine française) aux dialogues ciselés (“Croyez-vous en l’égalité entre les hommes et les femmes ? Non, les hommes deviendraient incontrôlables”), le maître de l’horreur grand-guignol nous offre une idée de mise en scène par plan (un panneau pour une entreprise de fast-food devenant l’emblème de Lucifer, un rapport sexuel qui vire à la bataille d’arts martiaux, un costume-porcelaine pour Eva Green…) dans l’image velours-aquarium de Bruno Delbonnel, chef-opérateur d’Amélie Poulain qui sied parfaitement au plus gothique des cinéastes.

Ce cinéma fait la part belle aux seconds rôles (Michelle Pfeiffer en mère de famille déchue, Chloe Moretz de 500 jours ensemble et Hugo Cabret en adolescente fan d’Iggy Pop et d’Alice Cooper dont le vampire pense qu’elle est “la femme la plus laide qu’il ait jamais vue”). Le scénario de série télévision est détourné afin de poursuivre l’éloge des monstres qui illuminait le meilleur film de Tim Burton, Edward aux mains d’argent. Mords, bébé, mords, soulève ton monstre. A te regarder, ils s’habitueront.

La bande-annonce VOST de “Dark Shadows” de Tim… par puremedias

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