Filmer Cosi fan tutte aux Pavillons-sous-Bois (21) : Montage, Montage (et jamais ne reviens)

C’est le seul moment de calme du cinéaste, lorsque le bruit et la fureur s’estompent pour laisser place à la mélancolie, au regret de ne pas avoir fait durer tel ou tel plan et de ne pas avoir filmé tel autre, mais aussi au bonheur de trouver de bonnes surprises.

L’art de la joie de Cosi fan tutte sied si bien aux jeunes gens avec l’humour de grands adolescents de Lorenzo da Ponte et de Wolfgang Amadeus Mozart qu’il suffit de se laisser guider par le livret pour laisser surgir le dernier âge naïf de la vie d’homme. Seul le manque cruel de moyens ne permet pas d’élever le film au niveau rêvé, qui aurait mérité plus de travellings et de grues (Saint Jacques Demy, priez pour nous).

Il reste une douzaine de scènes de l’opéra, majoritairement issues du premier acte, dans le montage final qui fera peut-être 25 minutes. Le montage rêvé sur la route prend forme sur ordinateur avec le sourire et le courage de belles jeunes filles qui portent en elles les voyages et les rêves du monde entier.

Il y a exactement dix ans à quelques jours près, la serveuse arabe française, une très belle jeune femme en jupe, du café lyonnais dans lequel je me trouvais est entrée en larmes prendre son service. Le second tour de la Présidentielle venait d’être remporté par Jacques Chirac. Un Ministre de l’Intérieur autoritaire futur Président de la République Française venait d’être nommé pour donner des gages au Front National. La jeune femme avait été menottée et couchée sur le capot de la voiture de police dont les occupants lui reprochaient de ne pas avoir ses papiers. Ce film est dédié à cette jeune femme.

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