Filmer L’or de leurs corps à Rosny-sous-Bois (22) : marcher sur l’eau

L’inconvénient lorsque vous filmez avec 1/1000e du budget d’Entre les murs, c’est que vous ne pouvez pas être aussi exigeant que d’autres sur la présence de vos comédiens, devrais-je dire comédiennes.

Dans ces conditions, le tournage part souvent vers l’improvisation, où l’inquiétude à la base de la création devient une méthode de travail permanente. Heureusement que la bande à part (dans l’ordre alphabétique, Anaïs, Asma, Claudia, Emily, Hadjir, Kenza, Nadège) tient haut le film, même si la perspective de se baigner dans l’eau croupissante qui entoure l’amphithéâtre du parc Decésari les ait effrayées, alors qu’un clin d’oeil à la belle Silvana Mangano dans Riz amer, qui chantait si bien le Negro zumbon, eût été si charmant.

Il n’est pas toujours facile de tourner en extérieur dans un quartier où des décennies de rejet du peuple de la banlieue dans la périphérie de la France ont attisé les tensions au point de faire marcher ses habitants sur des charbons ardents. Le ciel voilé d’avril nous a offert quelques beaux plans sur la course des jeunes femmes sceptiques vers le miracle. Que demander de plus ? Je ne pense pas que la résurrection soit possible en dehors de ce long continuum qu’est l’histoire, mais que par contre, il m’intéresse de filmer que la personne humaine est une créature qui peut marcher sur l’eau.

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