Vive le pardon (et le film de Mia Hansen-Love), ou comment se débarrasser des passions tristes

Le film Tout est pardonné de Mia Hansen-Love, actuellement sur nos écrans, est un magnifique premier film qui se déroule entre Vienne en Autriche, Paris et la campagne corrézienne. Il y est question d’un père lâche et un peu minable interprété par Paul Blain, qui vit de combines et vole de l’argent dans le portefeuille de sa compagne pour acheter et consommer de la drogue, avant de la tromper avec une junkie, ce qui finira par provoquer le départ de la jeune femme avec leur fille. La seconde partie du film est consacrée aux retrouvailles du père et de la fille, interprétée pour son passage à l’âge adulte par Constance Rousseau, qui offre un très doux visage, que l’on croirait sorti d’un film de Rohmer ou Truffaut, au cinéma.

La tendresse de ce film est incroyablement salutaire à une époque où il est de bon ton de faire preuve de dureté, de froideur, de cynisme ou d’ironie. La réalisatrice, Mia Hansen-Love, aborde le pardon de manière très simple, par deux rencontres entre le père et la fille, puis un échange de lettres. Chaque personnage y aura finalement appris, comme nous y invite le philosophe Baruch Spinoza, à se débarrasser des passions tristes. La rédemption du père, puni de sa lâcheté et de ses fautes par le départ de sa compagne et de sa fille, n’est pas appuyée. Il nous quitte inévitablement, mais pas avant d’avoir vu sa fille grandir et s’épanouir, sans rien exiger d’elle que son bonheur. La naissance d’une comédienne prend finalement le dessus sur les errances d’un homme. Il n’en fallait pas davantage pour savourer notre bonheur de cinéphile.

 

 

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