Filmer Cosi fan tutte aux Pavillons-sous-Bois (16) : marre d’être pris pour des boniches !

Il y a des jours comme ça où l’on se sent embrené comme on dit en Bourgogne, que la caméra vous fait peur, qu’on ne trouve pas de plan, que l’on ennuie le personnel de cantine à débarquer comme la cavalerie, que l’on se dit que l’on aurait mieux fait de rester à la maison regarder des films de Bunuel, et puis votre pote Pierre Carlier, le meilleur assistant réalisateur français, vous dit : “tu vas la filmer le poing levé, regard caméra derrière la barrière de la cantine, en train de chanter “il y en a marre de faire la femme de chambre”. Et lux fuit.

Nous arrivons dans les plus beaux passages de l’opéra de Mozart écrits par Lorenzo da Ponte, porté par le souffle révolutionnaire de l’époque. Despina, la bonne des deux héroïnes de l’opéra, chante : “Quelle maudite vie/que celle de femme de chambre ! Du matin au soir/On a à faire, on transpire, on travaille et puis/en Plus ce qu’on fait, ce n’est pas pour soi”. Roseline s’exécute, les surveillants viennent se restaurer, passent derrière elle, elle lance le playback et voilà, on est bien, on filme pendant qu’on y est le rayon des salades comme une nature morte et puis zou galinette on a notre plan. Coupez !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *