Filmer L’or de leurs corps à Rosny-sous-Bois (13) : le cinéma contre les bouffeurs d’espoir

On comprend mieux le courage des enseignants porteurs du projet, Anne Lorquet, Messieurs Emorine et Tabary, ainsi que des élèves ambitieux qui participent au film, lorsque l’on constate le poids des bouffeurs d’espoir qui rôdent autour de toute initiative, la terreur de ceux qui seraient prêts à tout pour confirmer qu’il ne se passe rien en banlieue, qu’on ne vienne surtout pas les déranger dans leur mentalité de ghetto, et que l’on finira par croiser sur la route de l’anonymat puisqu’ils ne feront jamais rien de leur vie.

Nous voilà arrivés au point où le doute s’installe sur la raison d’Eve, jeune fille dont les pouvoirs suscitent méfiance et inquiétude. Dans le monde du collège où l’on fait une montagne d’un simple regard, les personnages circulent autour de la jeune fille pour voir s’il serait possible de tirer parti de ses pouvoirs ou lui demander de ne pas attirer l’attention sur la classe. L’exercice est délicat parce que l’on prend toujours le risque avec des non-professionnels de créer une identification trop forte entre le jeu et la vie, mais je fais confiance à l’intelligence de la troupe pour préférer l’exaltation du jeu à la peur du nouveau.

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