Filmer Cosi fan tutte aux Pavillons-sous-Bois (14) : travelling poussette

Je tairai son nom pour éviter qu’un futur employeur n’hésite à embaucher une jeune femme qui se promenait encore en poussette à 14 ans, mais elle a accepté d’embarquer la caméra pour filmer depuis une poussette ses collègues de classe en train de faire un jogging sur la piste de sport derrière le collège Eric Tabarly.

Les jeunes filles interrompent leur course pour rejoindre Alfonso le dépressif qui remarque bien haut qu’il ne lit pas Platon comme à la fin d’Entre les murs (que la comédienne n’avait pas lu malgré l’aspect ultra-réaliste de la mise en scène), mais Frantz Fanon, psychiatre antillais basé à Alger durant la Guerre sans nom, mauvaise conscience de la France des Lumières, héros de l’anticolonialisme célébré dans l’ensemble du continent africain et des films aussi divers que Les invasions barbares d’Arcand ou Munich de Spielberg. Bien sûr, Dylan n’a pas non plus lu Frantz Fanon, mais c’est ma manière de rappeler que l’on ne fait pas croire au spectateur qu’on veut le faire sortir de la caverne (de Platon) si on lui sort sur un plateau ce qu’il pense de l’école (élèves turbulents) et des enseignants (débordés) plutôt que de filmer le chemin de la colère et de la joie (Frantz Fanon).

Dans l’opéra, les jeunes hommes partaient à la guerre pour cacher à leurs douces qu’ils reviendraient avec un autre visage. Chez nous, ils partent au Japon avec leurs parents expatriés pour réparer la centrale de Fukushima. Semaine prochaine, tournage du départ au Japon à l’arrêt de tramway Allée de la tour/Rendez-vous. Figurants bienvenus, vendredi, à partir de 10 heures 30, pour chanter en playback et nous amuser “Bella vita militar ! Ogni di si cangia loco/ Oggi molto, domani poco/Ora in terra ed or sul mar”. “Belle est la vie militaire ! Chaque jour en un autre lieu/Aujourd’hui beaucoup, demain peu/Tantôt sur terre, tantôt en mer”.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *