Filmer Cosi fan tutte aux Pavillons-sous-Bois (13) : qu’Amour me punisse

Le train qui file dans la nuit est reparti au quart de tour en une journée froide et ensoleillée de janvier entre une partie de football et une extase amoureuse de jeunes filles prêtes à perdre leur illusion pour accepter que l’on ne taille pas dans l’amour comme dans la vie sans se couper.

Aïcha et Margaux ont récupéré le difficile rôle des amoureuses qui apprendront qu’amour rime avec souffrance et vagabondage avant de dire “oui je veux bien oui”. Nous en étions au “Se questo mio cuore/mai cangia desio/Amore mi faccia/Vivendo penar” que Germano Pallini trouve bien traduit en : “Qu’amour me punisse/Si jamais mon coeur/Se détourne/de celui que j’aime”. J’ai retrouvé en voyant ces belles jeunes filles courageuses chanter le plaisir de spectateur à regarder Françoise Dorléac et Catherine Deneuve dans Les demoiselles de Rochefort, le dernier film français totalement mis en scène avec Le samouraï et Playtime en 1967. Bien sûr, ce genre de jugement au lance-pierre sent le ressentiment à plein nez, et c’est pas avec un film au budget 1000 fois inférieur à celui d’Entre les murs qu’on peut frimer, mais nous regrettons souvent de ne pas voir l’ombre d’une mise en scène dans notre cinématographie nationale. On peut s’enorgueillir de battre La grande vadrouille en termes de fréquentation, mais la scène de répétition de La damnation de Faust de Berlioz par Louis de Funès est une grande scène de cinéma.

Si vous ne connaissez pas Cosi fan tutte, il y a une bonne version de l’opéra de Da Ponte et Mozart par Daniel Bareboïm et avec Cecilia Bartoli sur Deezer et Spotify, et en plus vous paierez les artistes, alors pourquoi se gêner là où il y a du plaisir ?

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