Take shelter de Jeff Nichols : l’enfer doux des classes moyennes

Take Shelter : photo Jeff Nichols, Jessica Chastain, Michael Shannon (II)

C’est l’histoire d’un prophète des temps modernes dans notre monde qui se redécouvre grec depuis quelque temps, qui retrouve le sens d’un souci du monde et de recueillement devant le fait qu’il y ait plutôt qu’il n’y ait rien. Cet homme est un ouvrier du bâtiment de l’Ohio (Michael Shannon), bien marié à la plus belle rousse du cinéma américain (Jessica Chastain, la meilleure nouvelle apportée par Tree of life), heureux père d’une petite fille muette qui sera bientôt opérée grâce à l’excellente mutuelle de son employeur.

C’est un homme qui vit à l’ère de l’angoisse de la chute des classes moyennes dont le mythe s’était bâti sur l’idée que l’avenir des enfants serait forcément meilleur que celui des parents. Des rêves prémonitoires et des hallucinations lui font penser que la tempête du siècle approche. Il s’endette pour financer un abri anti-tempête digne des films catastrophe, dans une ambiance de fin du monde quelque part entre La route de Cormac McCarthy et le cinéma de Terrence Malick adulé par le cinéaste, Jeff Nichols.

Superbement filmé comme une suite de tableaux sur l’enfer doux de la classe moyenne américaine qui rappelle les photographies de Gregory Crewdson, Take shelter (“Mettre à l’abri”) est hanté par le vertige de l’angoisse qui s’est emparée d’une catégorie de la population qui n’avait plus peur depuis la fin de la guerre du Vietnam aux Etats-Unis. Jeff Nichols invente un prophète pour les temps modernes à hauteur d’homme et à démesure d’humanité.


TAKE SHELTER : BANDE-ANNONCE VOST Full HD par baryla

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