Hugo Cabret de Martin Scorsese : Entre ici, Georges Méliès…

Hugo Cabret : photo Asa Butterfield, Martin ScorseseMartin Scorsese aime la France qui le lui rend bien. Dans le temple de la cinéphilie, il est le roi, réconciliant les amoureux de la mise en scène et les amateurs de sensation forte. Hugo Cabret lui permet de rendre hommage à ce pays, à sa drogue douce nommée cinéma, et au cinéaste qui fut l’un des premiers à saisir la capacité de cet art à “capturer les rêves”, Georges Méliès (1861-1938), qui mourut dans la misère après avoir été le premier créateur d’un studio de cinéma en France, avant de finir sa vie professionnelle comme vendeur de jouet dans la Gare de Montparnasse.

Scorsese adapte le roman de Brian Selznick qui place cete histoire d’adulte réfugié dans la chambre chaude de l’enfance au niveau du regard d’un bambin, le petit Hugo qui remonte les horloges d’une gare qui rassemble les éléments composites des stations de chemin de fer parisiennes. Il garde comme seul souvenir de son père (Jude Law) un automate qui ne semble pouvoir fonctionner qu’avec une clé en forme de coeur, détenue par la petite-fille du cinéaste.

L’hommage supporte rarement plus qu’un clin d’oeil (nommer un personnage Tourneur dans Le deuxième souffle qui est un hommage au cinéaste Jacques Tourneur, mettre une photo de François Truffaut en kiosque dans Police alors que le cinéaste était décédé pendant le tournage, utiliser la musique de Delerue pour Le mépris dans Casino, etc.), au risque de virer à la séquence de pistolet à miel. Martin Scorsese n’échappe pas à l’écueil en dressant la liste des héros de la littérature française pour enfants (Jean Valjean, Jules Verne, etc.) et en surlignant son admiration sympathique pour Georges Méliès et les pionniers du cinéma muet.

Hugo Cabret relie la passion du cinéaste pour le cinéma, magnifiée dans ses films consacrés au cinéma américain et italien ou son travail de restauration de films mené à travers sa fondation, à la cinéphilie française, la seule qui selon Godard soit en mesure de concurrencer sur la durée la cinéphilie américaine, et à laquelle il n’a sans doute pas osé s’attaquer dans le pays qui passe plus de temps à analyser le cinéma qu’à en faire. Mais la machine à rêve a depuis longtemps franchi l’Atlantique, et les meilleurs rêves de Pixar personnifient mieux aujourd’hui cette passion que ce sympathique hommage au siècle de cinéma français rassemblant des rêves aussi divers que ceux de Georges Mélies et Jean-Pierre Jeunet.

HUGO CABRET – bande-annonce – VOST par metropolitan_filmexport

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *