Filmer Cosi fan tutte aux Pavillons-sous-Bois (9) : amour, amour, je t’aime tant

Patience, jeune chien fou, tu n’as pas encore ta caméra, mais le groupe se forme, les jeune gens prennent confiance en eux, ils entrent dans leur personnage et ils ont déclamé haut et fort le texte qu’ils avaient écrit sur l’aimant idéal, donnant lieu à quelques perles : “je veux qu’elle soit vicieuse comme moi”, “qu’elle ait ce qu’il faut là où il faut”, “qu’il ait des tablettes de chocolat en or”, etc.

Après un passage au Ciné 104, qui coordonne le projet, pour présenter le film avec les classes suivies par Salma Cheddadi, il me semblait important de revenir sur ce pauvre Mozart dont je m’étais moqué, transformé qu’il est en sonnerie pour téléphone portable et répondeur pour centrale téléphonique. Faire le choix de filmer une adaptation de Cosi fan tutte en 2011, c’est tordre un texte fondateur de notre modernité, porteur de la colère des Lumières avec Despina parlant de son ras-le-bol de faire la femme de chambre comme Leporello de Don Giovanni disait qu’il ne voulait plus servir, et du romantisme naissant avec son exaltation du sentiment amoureux (ce n’est pas un hasard que le Concerto pour clarinettes soit utilisé dans Out of Africa pour la déclaration d’amour de Robert Redford/Denys à Meryl Streep/Karen Blixen).

Si le climat est dans notre camp, nous tournerons vendredi prochain dans la cour la scène d’ouverture en muet et en burlesque sur la musique de Mozart. Dépasser le narcissisme sans lequel il n’y a pas d’acteur pour se moquer de soi, voilà un beau programme de retour aux sources, non sous forme d’hommage béat au cinéma du passé, mais de salve d’espoir pour le cinéma à venir.

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