Contagion de Steven Soderbergh : le cauchemar de l’intimité globale

ContagionMadame Bovary mourait empoisonnée après avoir aimé ailleurs. Ici, elle (Gwyneth Paltrow) attrape le virus (elle a trop touché, trop souri, trop aimé les Hong-Kongais, son amant, etc.) et meurt à son retour aux Etats-Unis aux côtés de son mari, Matt Damon, prolétaire et superhéros sans équivalent en France. Le virus se répand, les autorités sont débordées, les protocoles médicaux sont bureaucratiques…
Dans l’étagère de la cinéphilie consacrée aux films de virus, on se souviendra de Steven Soderbergh pour s’être moqué de la vulnérabilité du village global mis à terre par un virus dérivé d’une chauve-souris et un blogueur qui attise la théorie du complot (les Français et les Américains réserveront le vaccin aux plus riches, on peut guérir grâce au Forsythia, etc.).
Le cinéaste américain plus jeune lauréat de la Palme d’Or avec Sexe, mensonges et vidéo (déjà une histoire d’adultère et d’intimité déballée) a gardé de Robert Altman le sens des histoires croisées pour faire vivre en quelques minutes des personnages hauts en couleur de très grandes comédiennes, Kate Winslet, Marion Cotillard ou Gwyneth Paltrow. Il donne à ses personnages masculins les clés de la manipulation scientifique, militaire et politique, à l’exception de Matt Damon bien sûr, pour ouvrir le champ de l’amour (féminin) et de la barbarie (masculine). Dans son paysage de survivants, aussi seuls qu’à la fin de Titanic, point une mélancolie pour le monde où l’on s’embrassait à pleines bouches et se serrait les mains sans paranoïa.


CONTAGION : BANDE-ANNONCE VOST Full HD Steven… par baryla

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