The artist de Michel Hazanavicius : Boulevard du Gré bouscule

The ArtistLe réalisateur de deux des films les plus audacieux du cinéma français des années 2000, la série des OSS 117 avec Jean Dujardin qui secouait en quelques scènes le silence gêné de la comédie française quant au bourbier colonial français, revient avec ce comédien expressif et la compagne du cinéaste en déclaration d’amour pour un film muet et en noir et blanc, hommage aux comédies musicales et au burlesque, the artist.
Le plaisir de la mise en scène et du jeu d’acteur est l’un des plus beaux atouts du cinéaste dans un territoire cinématographique qui sacrifie trop souvent l’un au bénéfice de l’autre. Michel Hazanavicius a le talent pour faire vivre des crétins satisfaits, en l’occurrence George Valentin, vraie fausse star du cinéma muet des années 20, et une jeune Américaine à grande bouche, Peppy Miller (Berenice Bejo) comme les stars de l’époque. Les destins des deux artistes se font miroir sans que les deux n’osent avouer leur désir. Qu’est-ce qui pourra bien réunir ces deux-là que tout oppose, la star du muet qui méprise le bavardage du parlant, et la star du parlant qui se moque des grimaces du muet ? L’industrie du cinéma, lieu de bascule entre la modernisation constante des technologies et le classicisme narratif, offre-t-elle une seconde chance à ses stars déchues ?
Le risque du plagiat est toujours de tourner en rond en se satisfaisant du confort douillet d’un passé idéalisé, ce que les deux OSS, parodie de James Bond franchouillard, évitaient en deux fins qui pulvérisaient l’arrogance des films d’espion (en déclenchant la rumeur de l’homosexualité d’OSS dans le premier, et en invitant les “juifs et les nazis” à se réconcilier dans le second). The artist est un film hommage, où comme dans tout hommage, il est conseillé de couper après avoir pleuré.

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