Drive de Nicolas Winding Refn : l’enfer des villes onanistes

DriveLos Angeles n’offre comme beaucoup de grandes villes qu’un simulacre de vedettariat (être cascadeur et doubler une star), un simulacre de vie sexuelle (appuyer sur le champignon), un simulacre d’amitié et de famille (aimer la famille d’un autre) : c’est le parcours ahurissant d’un anonyme joué par Ryan Gosling pour Nicolas Winding Refn.
En plus, c’est servi par un grand cinéaste danois, révélé par la trilogie Pusher, consacrée à la mafia de son pays, qui mixait l’ambiance chaotique du Dogme à la violence urbaine et communautaire de Scorsese, puis Bronson et un film de viking un peu Herzog aux petits pieds.
Il compose une nouvelle partition pour son premier film hollywoodien, l’hypnose sensuelle d’un cascadeur qui consacre une partie de son temps à sortir des bandits de leur casse, jusqu’à ce qu’il tombe amoureux de sa belle voisine (Carey Mulligan, l’excellente comédienne d’Une éducation). Le petite amie de cette dernière sort de prison et embarque le chauffeur dans un règlement de comptes au sein de la pègre, menée par l’excellent Ron Perlman (La guerre du feu, Le nom de la rose, Hellboy, etc.).
L’histoire compte ici moins que le portrait d’un enfer doux où tout le monde peut mourir au son d’un moteur bien entretenu et d’un bon auto-radio, enveloppé par la déferlante sonore de la ville, grâce à la meilleure bande-son (hors musique) de l’année. Bienvenue en enfer.


Drive – Bande-Annonce / Trailer [VOST|HD] par Lyricis

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