The Revenant de Gonzalez Inarritu : l’histoire de l’ours qui a vu l’homme

Le meilleur acteur de The revenant est un ours, le meilleur technicien son chef opérateur, Emmanuel Lubezki, chargé par Terrence Malick (Le nouveau monde, Tree of life) de ressusciter la lumière crépusculaire de Nestor Almendros pour Les moissons du ciel et de filmer la cime des arbres en plongée.

C’est un film à voir du point de vue de l’ours, animal qui surprend le trappeur Grass à proximité de ses oursons et le punit de quelques coups de griffe, Grass lui-même mutique et vengeur décidé à en découdre avec l’assassin de son fils, survivant à l’attaque d’un ours, un long bain glacé et à quelques techniques récupérées de l’histoire du cinéma, du sublime (l’indigène sauvant l’officier russe au milieu de la tempête de Dersou Ouzala d’Akira Kurosawa) au plus kitsch (Luke Skywalker sauvé par les entrailles d’un néo-kangourou dans L’empire contre attaque, le vengeur Rambo tombé du ciel et sauvé par un arbre).

L’ours contemple donc les paysages du grand ouest avant la conquête de la machine à transformer tous les désirs en produit. Ses yeux aiguisés assistent à la beauté des paysages vierges, au massacre des Indiens par les colons anglais et français, ses sens cherchent de la nourriture et la meilleure voie de survivre. Il aperçoit aussi beaucoup de fusils, probable métaphore du mal des armes qui ronge le pays d’adoption du cinéaste mexicain Gonzalo Inarritu. “Vous n’avez pas planté un seul arbre” dit Dede à Radieuse Aurore, décontenancé par la franchise de la femme qu’il aime et lui échappe alors qu’il a survécu à la frontière et fait fortune dans le roman homonyme de Jack London, chef d’oeuvre du roman de trappeur, tout cela sans aucun coup de fusil. “L’on ne taille pas dans la vie sans se couper” écrivait René Char à propos d’un collègue résistant décontenancé par le jeu féminin de fuite devant le désir et d’approche de l’indifférent digne de séduction. Certes, mais Radieuse Aurore se termine là où n’accoste jamais The revenant, à savoir que nul ne peut être appelé homme sans avoir planté un arbre.

Ce sentiment de l’été de Mikaël Hers : l’évitement de l’amur

Mikaël Hers filme des corps en plongée au bord de la chute, sur les toits de la Place de la Nation ou de Manhattan. Leur corps est attiré par la chute comme celui de Sasha (Stéphanie Dehel, qui illuminait le précédent film de Hers, Memory Lane) qui a juste eu le temps d’exister comme corps (nue au lit avec son ami), sortie de bain, changeant de pull) avant de tomber.

La reconstruction de sa sœur (Judith Chemla) et de son ami (Anders Danielsen Lie) sera au cœur des étés suivants qui ponctuent le film de Paris à New York. Une histoire d’amour qui ne dit pas son nom se noue entre les deux malheureux, la première se séparant du père de son enfant, le second écrivain paralysé par la page blanche se réfugiant dans des traductions. L’héritage rohmérien (les très admirés Marie Rivière et Fédor Atkine, les rives du lac d’Annecy) du cinéaste du frôlement et de l’évitement laisse progressivement la place à un univers très personnel construit autour de l’image impressionniste de Sébastien Buchmann et de personnages rattrapés au bord du gouffre.

L’acteur norvégien Anders Danielsen Lie poursuit son interprétation de l’angoisse kierkegardienne (le vertige de la liberté) après Oslo 31 août et Fidelio. Judith Chemla approfondit avec son corps élastique son interprétation de la capacité d’un corps à tenir droit malgré toutes les fêlures. La belle Dounia Sichov offre une nouvelle version du ménage à trois en s’interposant pour éviter le mur auquel seraient promis deux amants réunis par la même douleur. C’est la plus belle promesse du film qui filme des héros des temps modernes tenant l’amur à distance.

Avé César de mes frères Coen : baisers doux-amers de Rome

Qu’adviendrait-il de Rome si César n’offrait plus les pains et les jeux ? Cette question passionnante sert à mes frères Coen de fil conducteur d’un film tordu enroulé par un fixeur de studio qui a réellement existé, Eddie Mannix (Josh Brolin), auteur des bases œuvres incluant chantage, corruption de la police, manipulation des stars et de la presse, coups et blessures…

L’homme de main du studio navigue entre l’enlèvement de la star d’un péplum (George Clooney) sur la christianisation de Rome entre Ben Hur et Quo Vadis, le risque sur l’image d’une starlette de comédies musicales enceinte sans père pour l’enfant (Eddie Mannix s’est réellement occupé de la grossesse de Loretta Young par Gable, laquelle a dû abandonner puis adopter son propre enfant), les sympathies communistes d’une star homosexuelle de films de marins et le patriotisme d’un cowboy imbécile.

La fascination des Coen pour l’âge d’or des studios, inégalé dans le cinéma hollywoodien contemporain, traduit bien leur héritage : une mise en scène élégante, de très grands comédiens et techniciens, une volonté de croiser le spectacle et le dévoilement des illusions sur lesquelles sont bâties la nouvelle Rome (l’amour promis par Jésus de Nazareth ne dirigera jamais le monde même s’il offre de l’espoir et de belles histoires, la prolétarisation des classes moyennes est compensée par le Walk of Fame de Hollywood et la réussite exceptionnelle de 1 sur 1000…).

L’abolition de la gladiature sera le seul triomphe de la douceur (chrétienne)” explique l’historien Paul Veyne dans L’empire gréco-romain. Avé César décrit un empire sans gladiateurs ni torture pour celles et ceux qui prennent le parti du monde du spectacle enivré par sa toute puissance et sa promesse de beauté bien supérieure au visage de ses concurrents (un commercial de chez Lockheed tente de débaucher Mannix en lui montrant la photo du champignon atomique de la bombe larguée par son entreprise). Le cynisme l’emporte ici sur leurs habituels seconds rôles qui prennent les chemins de traverse (Jeff Bridges dans The big Lebowski, Frances McDormand dans Fargo, Hailee Steinfeld dans True grit), mais dans Avé César, il faut sans doute considérer que les grands frères Coen qui ouvrent le générique sur une lumière divine ont tenté d’emprunter ce chemin.

Peur de rien de Danielle Arbid : épousez l’étrangère !

Les politiques migratoires ne tiennent pas suffisamment compte de la chance que constitue pour les psychotiques, c’est Françoise Gorog qui le dit, le fait de se mettre en couple ou d’épouser un(e) étrangèr(e), avec lequel tous les irritants du quotidien sont minorés par l’exotisme du partenaire ou renvoyés à son étrangeté.

Le caractère totalement inédit de Peur de rien de la cinéaste franco-libanaise Danielle Arbid dans les récits autobiographiques sur l’immigration provient de la superbe avec laquelle son personnage féminin Lina (Manal Issa) affronte l’adversité (oncle harceleur, fragilité des désargentés dans une ville anthropophage comme Paris, amants vite lassés…) en serrant sa chance autour des trésors amassés à Paris (cours d’histoire de l’art par Murielle Gagnebin, beaux garçons attirés par son exotisme, générosité de quelques rencontres d’une monarchiste à un avocat).

La bande son des années 80 et 90 (Frank Black, Etienne Daho, Marlène de Noir Désir ou le titre majeur du film qui prend une résonnance particulière pour une jeune femme qui a grandi sous les bombes et dans l’actualité chargée de Paris en 2015, Pendant que les champs brûlent de Niagara) porte le désir de l’héroïne d’explorer toutes les étrangetés d’un pays aristocratique et révolutionnaire (et le vice versa). La photographie d’Hélène Louvart colle au visage ébahi de la jeune Manal Issa et à ses formes pour rehausser de chaleur toutes les expériences bonnes ou mauvaises qui façonnent un petit adulte. Danielle Arbid rappelle en lointain écho de Nietzsche qu’il faut méditerrannéiser le cinéma.

François Kollar au Jeu de Paume : l’opéra du travail

Le film qui manque le plus au paysage cinématographique contemporain est Le voleur de bicyclette de Vittorio De Sica. Nous retrouvons chaque mercredi ou presque les héritiers de La règle du jeu et de Citizen kane, mais le néoréalisme italien n’a presque plus d’écho à nos jours. Le travail est le plus souvent représenté comme une activité désincarnée (jusqu’à la récente et intéressante série d’Arte Trepalium au titre éloquent, avec d’impressionnants comédiens, Léonie Simaga, Ronit Elkabetz, Olivier Rabourdin ou Pierre Delalonchamps plongés dans un futur apocalyptique où le monde des actifs est séparé par un mur de celui des chômeurs) ou une occupation hors champ qui n’est pas digne d’être filmée.

Le travail méticuleux de François Kollar (né en 1904 à Senec en Slovaquie, décédé en 1979 à Créteil) de représentation du monde du travail offre une occasion extraordinaire de penser le monde du travail qui occupe encore plusieurs dizaines de millions de personnes dans ce pays. La commande photographique La France travaille passée à François Kollar de 1931 à 934 constitue un document exceptionnel sur le monde du travail. Loin du positivisme de la photographie consacrée parfois au monde du travail, le photographe ne dissimule ni l’usure des corps de mineurs et d’ouvriers ni leur fierté d’accomplir un travail où le corps fusionne avec la matière (main du potier dans la glaise, du boulanger dans la fo. Il n’est à ce titre pas surprenant qu’un magazine de photographie de l’époque présente sur une double page un nu solarisé de Man Ray et un ouvrier couvert de suie et de sueur capturé par François Kollar.

Le plaisir pris à la vision de cette exposition et décuplé par le manque de saveur du monde contemporain où la vie s’est progressivement transformée en “objet à gérer” (Colette Soler), où le salarié contemporain souffre de se sentir dépossédé de l’objet dont il participe à la production. François Kollar ouvre très simplement de nouvelles voies à la représentation du monde du travail à qui voudra bien considérer le sujet en dehors du schéma trop réducteur de l’aliénation : Le mouvement dialectique de la puissance qui maintient dans l’Etre le Néant qu’est l’Homme – c’est l’Histoire. Et cette puissance elle-même se réalise et se manifeste en tant qu’Action négatrice ou créatrice : Action négatrice du donné qu’est l’Homme lui-même, ou action de la Lutte qui crée l’homme historique; et action négatrice du donné qu’est le monde naturel où vit l’animal, ou action de Travail qui crée le monde culturel, hors duquel l’homme n’est que Néant pur, et où il ne diffère du Néant que pour un certain temps.” (Alexandre Kojève, Introduction à la lecture de Hegel)

François Kollar au Jeu de Paume, jusqu’au 22 mai 2016

Folle Journée 2016 (7) : Elisabeth Jacquet de la Guerre par La Rêveuse, herboriser la vie

Fraîchement cueilli du lit par les cauchemars de mon fils, je me suis hâté pour découvrir la partition d’une compositrice, Elisabeth Jacquet de la Guerre (1665-1729) qui célébra avec sa cantate Le sommeil d’Ulysse le moment où les hommes, fatigués des tempêtes bien vibrantes qui intéressent davantage la compositrice que les combats du célèbre Grec, lâchent prise et appartiennent totalement à leur dame :”Dormez, dormez, ne vous défendez pas d’un sommeil si rapide, si charmant”.

La tendresse et la générosité des membres de l’ensemble La Rêveuse mené par Florence Bolton à la viole de gambe et Benjamin Perrot au luth offrent une musique de chambre intime et féminine qui semblerait mettre en musique Le nouveau né de Georges de la Tour. Les musiciens entament par une sonate d’Elisabeth Jacquet de la Guerre, poursuivent par La Rêveuse de Marin Marais, contemporain de la compositrice, qui offre son nom à l’ensemble, et emportent l’auditoire de tempête en songes.”Telle la race des feuilles, telle la race des hommes” écrit dans l’Iliade Homère dont l’oeuvre sert ici de cadre à l’inquiétude féminine d’obtenir le repos de ces hommes qui semblent malgré tous les témoins avoir encore besoin de se confronter à Charybde et Scylla.

Les couleurs de la voix de la soprano bercent l’auditoire cueilli par ses bras menus dans lesquels chaque homme rêve de se lover. “Je ne reverrai plus ces beaux paysages, ces forêts, ces lacs, ces bosquets, ces rochers, ces montages, dont l’aspect a toujours touché mon coeur : mais maintenant que je ne peux plus courir ces heureuses contrées je n’ai qu’à ouvrir mon herbier et bientôt il m’y transporte. Les fragments des plantes que j’y ai cueillies suffisent pour me rappeler tout ce magnifique spectacle. Cet herbier est pour moi un journal d’herborisations qui me les fait recommencer avec un nouveau charme et produit l’effet d’une optique qui les peindrait derechef à mes yeux”. C’est sur ces lignes du Rousseau de la Septième promenade, fidèle compagnon de nos vingt ans, que se clôturent logiquement ces journées où il s’agissait rien de moins qu’herboriser la vie.

Ensemble La rêveuse, Telemann, Trios et quatuors, 1 CD, une sensation de retour dans la chambre chaude de l’enfance et d’invitation fraternelle à songer la vie

Folle Journée de Nantes 2016 (6) : Johnny Rasse et Jean Boucault chanteurs d’oiseaux, Shani Diluka et Geneviève Laurenceau, des Mensch faits de tous les oiseaux

Le plus dur dans un tel concert est de se demander à quel moment les musiciennes vont éclater de rire devant la parade amoureuse de deux grands échalas mimant la grive musicienne ou le héron avec une rigueur olympique en chatouillant les dames de leurs plumes.

Shani Diluka au piano et Geneviève Laurenceau, violon supersoliste de l’Orchestre National de Toulouse, ont résisté à la crise en tenant fièrement leur partition de la sonate de Mozart ouvrant le bal de manière guillerette avant de faire résonner Schumann et le rouge-gorge, Dvorak et les oiseaux des bois, Granados et le rossignol, ou de faire voler avec lyrisme et virtuosité le bourdon du vol de Rimski-Korsakov que ces Messieurs tentèrent d’écraser. Le parcours officiel se clôt sur l’ouverture de La pie voleuse de Puccini, très utilisée au cinéma d’Orange mécanique à Il était une fois en Amérique. Le cygne de Saint-Saëns et ses imitateurs s’invitent en bis avant de finir en mouette qui nous ferait sentir les embruns par la grâce de ces deux amoureux de la Baie de Somme. Le portrait d’une bande de Mensch, fait de tous les oiseaux, qui les vaut tous et que vaut n’importe quel oiseau.

Folle Journée de Nantes 2016 (5) : Shani Diluka et Schubert, la beauté des phénomènes aux absents

Que nul n’entre ici s’il n’a le sens de l’amitié. Fini le Schubert pleurnichard. Son ami Joseph von Spaun dira de lui “A travers Schubert, nous devenions tous frères et amis“, alors il faut la générosité de Shani Diluka pour inviter en schubertiade et explorer ce que l’on pourra bien y trouver.

La pianiste propose un programme proche de son dernier disque où la musique du compositeur viennois résonnait avec le rythme de la nature. Shani Diluka effleure les touches pour les premières notes des danses allemandes, accélère dans les trilles et emplit de passion les Allegro. Elle dédie la Sonate D. 960, ultime oeuvre du compositeur, aux danses naïves et enchantées de l’enfance jusqu’à l’ultime trille dont Philippe Cassard disait qu’il “marque à jamais celui qui le traverse, auditeur ou exécutant, parce qu’il comprend, à cet instant précis, que le long voyage est accompli, avant son éternel recommencement.”

Le soleil d’hiver éclairait les visages des visiteurs fatigués du rythme trépidant imposé par cette Folle Journée, sous le regard bienveillant des arbres dont les branches semblaient tendre l’oreille. Shani Diluka clôt le voyage du Clair de lune de Debussy pour offrir un tendre écho de Schubert jusqu’à nous. “Les plantes semblent avoir été semées avec profusion sur la terre comme les étoiles dans le ciel, pour inviter l’homme par l’attrait du plaisir et de la curiosité à l’étude de la nature” écrit Rousseau dans ses Rêveries du promeneur solitaire où il offre une voie pour réconcilier tout promeneur attentif avec soi-même et le monde. Shani Diluka fait résonner son programme de danses allemandes et de la sonate avec des extraits du lied La belle meunière dans lequel Thomas Müller célèbre la capacité de la nature à évoquer les absents et promettre l’éternité interdite aux présents.

Shani Diluka au piano, Schubert Des fragments aux étoiles, Mirare, 1 CD, un écrin merveilleux à explorer comme un voyage cosmique

Folle Journée 2016 (4) : le Quatuor Modigliani, il était une fois La nuit transfigurée

Il faudrait filmer les membres du Quatuor Modigliani comme les personnages d’un film de Sergio Leone pour avoir une chance de capter, dans tous les sens du terme, ce qui se passe sur scène : yeux, sourcils, respirations, regards entre musiciens, glissement du pied pour battre la mesure ou retrouver l’équilibre toujours précaire, main sur l’instrument ou l’archet, alliance au doigt…

Malheureusement la plupart des captations de concert de musique classique ressemblent à un bal de Vienne avec de tendres travellings, alors il faut trouver un angle tortueux pour assister aux métamorphoses du visage des membres du Quatuor accompagnés pour La nuit transfigurée de Schoenberg par Henri Demarquette et Gérard Caussé. L’oeuvre la plus romantique du compositeur viennois est inspirée d’un poème de Dehmel dans lequel une femme confie lors d’une promenade nocturne à son homme qu’elle attend un enfant d’un autre, recueillant son assentiment (Elle va transfigurer l’enfant étranger./Tu vas l’enfanter pour moi, de moi/Tu as apporté un éclat de lumière en moi/Tu m’as moi-même refait enfant). Cette composition d’une audace inouïe pour l’époque et toujours secouante plus d’un siècle plus tard est l’oeuvre parfaite pour ces quatre garçons classiques en fièvre et le sommet de ce que le XXIe siècle attend d’un homme : élever même les enfants des autres.

Folle Journée de Nantes 2016 (3) : Duo Jatékok au Carnaval des animaux, le jeu des sens

Le Jurassic Trip de Guillaume Connesson ou Messiaen chez les Dinosaures introduit avec beaucoup d’humour la musique contemporaine à quelques centaines de bambins dont votre serviteur et vogue de l’extraordinaire vol des ptérodactyles au puissant combat de tyrannosaure sans oublier le bien nommé Petit carnivore, “hommage” à Pierre Boulez.

Le texte délicieux de Francis Blanche ouvre Le carnaval des animaux invitant au jeu des sens du nom du duo Jatékok (“jeu” en hongrois, pour donner un nouveau son au mot affadi sous l’obligation du divertissement) pour la rencontre à l’Ensemble instrumental de l’Orchestre National des Pays de Loire. Naïri Badal et Adélaïde Panaget sautillent et bondissent avec le lion et l’éléphant, cristallisent l’atmosphère en glissant les doigts dans le microcosme de L’Aquarium. Très belle jeune génération de pianistes formée par Brigitte Engerer qui fait le choix du badinage et de la plaisanterie pour rappeler la musique à son devoir de joie avant toute considération cérébrale.

Francis Blanche nous invite en sortie à nous méfier d’un carnaval beaucoup plus dangereux que celui des animaux, à savoir celui des hommes, où l’humour et la musique sont le meilleur rempart au règne des prédateurs.

Concert du Duo Jatékok au Studio 106 de France Musique

Danses (Barber, Borodine, Grieg, Ravel) par le Duo Jatékok, Mirare, fantaisie dansante invitant au chant du corps, quatre mains et quatre jolies jambes enchâssées du plus beau pantalon de l’histoire de la musique classique et d’une robe brillante